Lien vers ce message 05 Novembre 2016, 18:14
Le baclofène est un dérivé de l’acide gamma-amino-butyrique (GABA), qui agit sur le système nerveux central au niveau des synapses en tant qu’agoniste du récepteur GABA-B

Son action exacte est peu connue à ce jour, voici ce que l’on sait ou suppose :

Le rôle clé du récepteur GABA-B dans la dépendance a été mis en évidence. Notamment, sa dysfonction a été démontrée dans la dépendance alcoolique et est responsable des comorbidités anxieuses et d’un allongement de la durée du syndrome de sevrage. Il est aussi impliqué dans le processus de rechute.
Les récepteurs GABA-B sont présents dans le « circuit de la récompense » et leur activation entraine une diminution de dopamine in situ. Les agonistes GABA–B atténuent donc la libération de dopamine dans les aires cérébrales du circuit de la récompense. Ainsi, la réponse conditionnée produite par différentes drogues (augmentation de la dopamine) est atténuée ou supprimée. Par ailleurs, à distance de toute consommation, les agonistes du récepteur Gaba-B préviennent la rechute, et ce, à des doses 2 à 3 fois inférieures aux doses qui bloquent la réponse conditionnée.

Une autre hypothèse a été avancée par le Dr de Beaurepaire : les agonistes GABA-B se fixent sur les récepteurs présynaptiques au niveau des neurones glutamatergiques de l’amygdale qui est impliquée dans le processus de réponse mnésique conditionnée à des expériences plaisantes ou déplaisantes. L’amygdale est connue pour son implication dans l’anxiété qui est très souvent au centre du processus de rechute, mais aussi pour créer un état de non reconnaissance, ou d’indifférence, à l’égard de ce qui fait naturellement peur. L’effet du baclofène serait de produire un état de non-concernement pour l’alcool et ses indices contextuels, autrement dit une indifférence vis-à-vis de l’alcool, contemporaine d’un effet anxiolytique.

Enfin le Pr Olivier Ameisen a proposé l’hypothèse selon laquelle l’alcoolisme pourrait être lié à un défaut de production endogène de GHB.
Le GHB (gamma-hydroxybutyrate, gamma-OH, oxybate de sodium…) est, comme le baclofène, un agoniste du récepteur Gaba B. Il est produit naturellement dans le cerveau en petite quantité.
Son déficit, ou un dysfonctionnement, serait responsable de la dysphorie (anxiété, insomnie, tensions musculaires, etc.) qui bien souvent précède et plus tard coexiste avec la dépendance. L’alcool ou les autres drogues étant alors le « médicament » pris pour atténuer cet état inconfortable.
L’apport de baclofène pouvant ainsi, selon cette hypothèse, pallier le manque de stimulation endogène des récepteurs gaba-B par le GHB.

L’action du baclofène repose donc vraisemblablement sur une conjonction d’un effet anticraving c'est à dire un meilleur contrôle des pulsions (et éventuellement d’un effet anti-obsessionnel), d’une indifférence aux effets de l’alcool et aux signes contextuels associés à sa consommation, et d’un effet anxiolytique.


Sources :
- http://ansm.sante.fr/var/ansm_...3df4722fda1.pdf
- http://www.baclofene.org/wp-co...Beaurepaire.pdf
- http://www.baclofene.org/wp-co...odependance.pdf

Le système gabaergique dont font partie les récepteurs GABA B, est impliqué dans environ 40% des connections neuronales, et sur de nombreuses voies sensorielles.
Ceci explique en partie le nombre et la variété des effets secondaires observés.

Il y a près de 10 000 connections par neurones et environ 100 milliards de neurones dans le corps humains,
soit 10 puissance 15 (1 000 000 000 000 000 ) connections.
Message édité 3 fois, dernière édition par Asso Baclofène, 26 Mars 2017, 17:49  

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