Lien vers ce message 26 Mars 2017, 18:36

3.1. Qu'est-ce que l'indifférence ?

L'indifférence à une substance, est le fait de ne plus en être dépendant, physiquement et
psychiquement, ne plus avoir de craving.

Pour l'alcool, cela se caractérise par l’arrêt total de la compulsion et cela a pour conséquence
une consommation naturellement raisonnable ou une non consommation librement choisie :
« Je ne m'impose pas l'abstinence, je n'ai tout simplement pas envie de boire ».

La personne indifférente ne fournit pas d’effort pour réduire sa consommation. Elle ne
ressent simplement plus le besoin de consommer de manière démesurée, son addiction a
disparu. A ce jour, seul le baclofène permet cela, aucun autre traitement ne produit ce
résultat.
Les patients traités avec succès par le baclofène retrouvent un comportement identique à
celui des personnes non dépendantes.

indiference


3.2. Quels sont les autres traitements de l'alcoolo-dépendance ?

La majorité des traitements pharmacologiques classiques (Révia, Aotal, Esperal) ont pour objectif l'abstinence et son maintien.
Il est très difficile d’obtenir des chiffres concernant la réussite de l’abstinence. Néanmoins, l’Inserm estime qu’un tiers des patients reste abstinent à un an et 10 % à 20 % au bout de quatre ans, ce qui est peu.

Le Selincro (proche du Revia) est une molécule destinée à diminuer la consommation d’alcool.
Il est indiqué chez les patients adultes ayant une dépendance à l'alcool avec une consommation d'alcool à risque élevé (consommation d'alcool > 60g/jour pour les hommes et > 40 g/jour pour les femmes), ne présentant pas de symptômes physiques de sevrage et ne nécessitant pas un sevrage immédiat.
Le Selincro se prend ponctuellement à la dose de 1 cp par jour, 1 à 2 heures avant le moment de la consommation prévue.
Concernant son efficacité, les études cliniques montrent un effet positif à peine supérieur au placebo

Il y a sur le marché italien et autrichien un médicament qui fera sans-doute son apparition en France : l'Alcover.
Il s'agit de GHB (gamma-hydroxybutyrate, ou oxybate de sodium) qui est, avec le baclofène, le seul agoniste connu du récepteur Gaba-B.
Contrairement au baclofène, le GHB a une action sur d'autres récepteurs, il a également son propre récepteur.
Il semble avoir une certaine efficacité dans le maintien de l'abstinence mais soulève des problèmes délicats:
• Il peut être fortement sédatif, et provoquer des pertes de conscience (utilisation en anesthésie), si la dose est un peu trop forte.
• Il est utilisé comme drogue récréative, classé comme stupéfiant (risque de mésusage)
• Il peut créer une forte dépendance.
• Certains de ses effets sont fortement potentialisés par l'alcool et les benzodiazépines.


3.3. Quelle est la nouvelle relation médecin-patient ?

Jusqu'à peu, on avait face à face un médecin qui savait, par expérience, que les traitements existants étaient inefficaces et un patient qui se débattait avec sa volonté et sa culpabilité.
Bon nombre de médecins généralistes ne se sentaient donc pas capables de prendre en charge cette pathologie.
Le baclofène change la donne, le patient et le médecin peuvent enfin avancer concrètement et efficacement.

Le traitement se fait sur la base d'une alliance thérapeutique.

Médecin et patient se font confiance pour mener à bien un traitement parfois difficile mais qui a de grandes chances d'aboutir à un résultat positif. Bacloville (essai en double aveugle baclofène contre placebo) a en effet montré un taux de réussite de près de 60% des patients sous baclofène.

Le médecin initie le traitement, surveille et aide le patient à devenir autonome.
Le patient s'engage dans un traitement qu'il étudie et s'approprie.
Le médecin accompagne le patient qui reprend sa vie en main.


3.4. Quelle est l'efficacité de ce traitement ?


Quatre essais en double aveugle baclofène/placebo ont été réalisés récemment, voici leurs résultats :

- L’étude hollandaise, réalisée sur des patients sevrés et hospitalisés cherchait à montrer l’efficacité du baclofène pour le maintien de l’abstinence. Ses résultats sont négatifs. Cependant cette étude a été réalisée sur des patients hospitalisés qui ont reçu en moyenne 94mg/j de baclofène (dose maximale possible 150mg/j), ce qui est une dose faible si l’on tient compte de la dose efficace moyenne (150-180mg/j) citée par les médecins primo prescripteurs. Dans ces conditions, ces résultats sont logiques. Cette étude a cependant montré une diminution significative du craving, de l’anxiété et de la dépression pour ceux qui étaient sous baclofène par rapport à ceux sous placebo.
http://www.baclofene.org/wp-co...ep_2016_RdB.pdf

- BACLAD : cette étude menée en Allemagne cherchait elle aussi à montrer l’efficacité du baclofène pour le maintien de l’abstinence sur des patients préalablement sevrés. La dose maximum pouvant être administrée était de 270mg/j (dose moyenne 180mg/j). Ses résultats sont largement positifs. Sur la durée complète du traitement 43% des patients sous baclofène restent abstinents contre 14% sous placebo.
http://www.baclofene.org/wp-co...ep_2016_RdB.pdf

- ALPADIR : une étude menée en France par des addictologues dont plusieurs sont connus comme très réticents concernant le baclofène. Les patients devaient être sevrés au préalable, l’objectif principal était le maintien de l’abstinence durant 20 semaines. La dose maximale administrée était de 180mg/j (dose moyenne 153mg/j). Ses résultats sont négatifs sur le critère principal, montrent une diminution légèrement supérieure de la consommation d’alcool pour les patients sous baclofène (11g/j de façon non significative statistiquement) et montrent également une réduction significative du craving pour les patients sous baclofène.
http://www.baclofene.org/wp-co...ep_2016_RdB.pdf

- BACLOVILLE : l’essai français le plus attendu car le plus long (1 an), conduit par le Pr P. Jaury, fait en ambulatoire sans critères d’exclusion drastiques, est positif. La dose administrée pouvait aller jusqu’à 300mg/j. Mené sur des patients non sevrés, avec comme objectif principal un retour à une consommation à faible risque selon les critères OMS, il montre que 57% des patients sous baclofène y parviennent contre 36% de ceux sous placebo.
http://www.baclofene.org/wp-co..._Bacloville.pdf

Au-delà de ces essais, pour nous l’efficacité du baclofène ne fait aucun doute. Prescrit correctement, sans limitation arbitraire de la dose et suivi de façon sérieuse par le patient, ce traitement est efficace.
C’est ce que disent les patients qui fréquentent notre forum depuis 2011, c’est ce que montrent nos enquêtes, c’est aussi ce que constatent les primo prescripteurs de baclofène à travers leurs cohortes de patients. Voir par exemple la publication du Dr Renaud de Beaurepaire concernant une étude rétrospective sur 100 patients et 2 ans.
http://www.baclofene.org/wp-co...-baclo.2012.pdf

De notre côté, nous constatons que la réussite du traitement dans les cas difficiles passe souvent par l'opiniâtreté du patient et du médecin, mais aussi par le soutien et le savoir faire thérapeutique.
Il est fréquent sur le forum, de voir arriver des patients qui sont en échec ou qui désespèrent de ne pas voir arriver l'indifférence. La mise en place d'une répartition adaptée, des conseils pour contrer les effets indésirables ainsi que le soutien d’une communauté à l’écoute, permettent bien souvent de venir à bout de ces difficultés.


3.5. Quelles sont les limites de ce traitement ?

Ce traitement, comme d’ailleurs tous les traitements, aura peu de chance d’être efficace, pour les personnes qui sont encore dans le déni ou qui n’ont pas encore fait la démarche de se soigner. Si quelqu’un n’est pas motivé, il abandonnera aux premiers effets indésirables.

Le baclofène supprime le craving, mais ne résout pas les problèmes comportementaux.
Si quelqu’un ne désire pas vraiment arrêter de consommer trop d’alcool, le baclofène ne suffira pas à l'empêcher de continuer à le faire.
Il ne résout pas les problèmes entraînés par l'addiction, il n'efface pas non plus le passé ou les traumatismes ayant conduit à se réfugier dans une substance. Certains patients, ont donc besoin d’accompagnement, de thérapies ou de suivis psychosociaux.
Sans craving, ces aides sont souvent beaucoup plus efficaces.
Message édité 5 fois, dernière édition par Asso Baclofène, 30 Mars 2017, 9:59  

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