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Nos enfants - Notre influence

L' impact de notre alcoolisme sur nos enfants
Avatar de Baclofun
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  Lien vers ce message 13 Juin 2018, 12:27
Bonjour, toutes, tous,

Je ne retrouve plus l' échange que j' ai eu, il y a peu, avec un membre du Forum, sur le sujet (jmv ? stéphane ?);
" prédispositions génétiques " et/ou " influence comportementale ". Dommage, cela aurait raccourci ce post et aurait évité d' infliger à certains la répétition de mes interrogations.

Plusieurs d' entre nous font référence à l' alcoolisme de leur(s) parent(s), ou à l' alcoolisme de leur conjoint et/ou des parents de leur conjoint.

Ma psychiatre me dit qu' il n' y a pas de déterminisme, ni génétique, ni comportemental.

Parfois, les enfants s' av√®rent "√©tanches" √† la maladie et au comportement de leurs parents et s' √©panouissent en parfaite "sant√©", "en toute indiff√©rence" vis-√†-vis de l' addiction qu' ils ont c√ītoy√©e √† la maison.

Dans d' autres cas, ils prennent une orientation néfaste; sont-ils " conditionnés " sur un plan comportemental, ou " porteurs " à leur tour d' une prédisposition ? Certaines prises de position, de la part de neurologues, ou de chercheurs en neurosciences, donnent à penser qu' il y a un terrain héréditaire.

Pour ce qui me concerne,

l' un des mes deux fils (21 ans) formule: " témoin de ce que tu souffres, Maman, et sachant combien je souffre de te voir souffrir ainsi, ne t' inquiète pas, je ne tomberai pas "là-dedans"; " hors de question que mes futurs enfants connaissent à leur tour ces déchirements ".

Mais / et, il s' alcoolise de manière constante; festive, d' accord; mais le "festif" a été pour un grand nombre, ici, un point de départ.

J' en arrive (enfin) à ma question et à mon appel aux informations:

qu' en est-il, de vos enfants, de leur rapport à l' alcool ?

Nous sommes nombreux dans une tranche d' √Ęge proche de la mienne. Je le re-dis; nous parlons "beaucoup"de nos ant√©c√©dents familiaux, de nos conjoints ou ex-conjoints "sous emprise";

il me semble que nous parlons peu de nos enfants . . .

Un post de Therana44 (ce jour 13/06 - 6h45 - pour JulieM, je cois) a déclenché chez moi l' ouverture de ce fil, a fait écho:

- " Quand ta mère aura compris le poids qu'elle te fait porter "
- " a enfin tenu son r√īle de m√®re "

Voilà, ma bouteille à la mère.

A tous, courage, en tout,
et merci, si un échange, ici, trouve sa place, sur ce sujet.

Marie-Pierre
Message √©dit√© 1 fois, derni√®re √©dition par Baclofun, 14 Juin 2018, 14:28  

Baclo depuis 02/12 - 3 séquences de guérison: 4 mois, 8 mois, et depuis le 20/01/15,
à l' issue d' une remontée jusqu'à 310 mg, à partir de 150 mg début 09/14.
Au 30/06/15: 240 mg en 5 prises, de 09h00 à 17h00 - Descente (EI) à 190 mg en 7 prises de 06h00 à 18h00 depuis le 20/07/15.
Echecs 2012 et 2014 d√Ľs √† descentes trop rapides et/ou importantes.
 
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  Lien vers ce message 13 Juin 2018, 18:06
Citation
appel aux informations:

qu' en est-il, de vos enfants, de leur rapport à l' alcool ?

De mon c√īt√© mon fils ( 24 ans ) n'√† jamais touch√© √† une goutte d'alcool, probablement en r√©action de ce qu'il a v√©cu avec nous.

Ma fille (19 ans ) boit un verre de vin ou une bière krieg ( 5% alcool donc pas fort ) 2 fois par semaine à peu près


50 8h
50 12h00
50 16h00
50 19h
Indifférence depuis le 3 aout 2017 à 237,5mg - aucun EI si ce n'est que quelques problèmes de mémoire court terme. EI étant survenu au début de la descente
 
Avatar de Kitou
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  Lien vers ce message 14 Juin 2018, 7:06
Bonjour Marie Pierre,

Je trouve intéressant de savoir et peut être aussi que les échange que tu auras sur ce fil aideront.
Ça permettra peut être de voir comment nos enfants réagissent et en conséquent les soutenir.

Je vais pouvoir te raconter quelques chose :

Ma mère avait une amie, une amie de contoir qui tenait il y a longtemps un bar et avec qui elle buvait sans soif régulièrement.
Cette femme avait 2enfants, une fille plus √Ęg√©e que moi et un gar√ßon de mon √Ęge.
Ce garçon est vite devenu un ami pour moi, et encore aujourd'hui. Nous ne sommes plus très proche mais nous savons quel est le lien qui nous rapproche.
Bref, de ses 2 enfants : la fille ne fait pas d'excès, elle mène une vie stable et normale. Mon ami, lui a réagit a l'inverse, il a tendance a souvent dépasser les limites. Il a réussit sa vie professionnelle mais pour combien de temps. Je me suis toujours inquiète pour lui. Aujourd'hui, plus de 30 ans après nos jeux d'enfants, je ne le vois pas souvent mais je sais qu'il n'est pas vraiment dans une vie stable. Je sais que sa grande soeur veille sur lui.

Je connait également un mec qui avait tout pour bien faire, je ne pense pas que ses parents consommaient mais il avait un manque, quelques choses n'allait pas et il en est aujourd'hui a consommer énormément d'alcool et de drogue en tout genre. Il n'est jamais réellement lui, c'est réfugié dans sa maison reculé de tous. Aujourd'hui je ne sait pas se qu'il devient vraiment. Mais la dernière fois que je l'ai aperçu, il y a environ 6mois, je ne l'ai pas reconnu. Il n'est plus lui.


Pour moi, je n'ai jamais aim√© l'alcool. Le c√īt√© festif de ma jeunesse n'a jamais pris beaucoup de place. Il m'est tr√®s rarement arriv√© de boire et d'√™tre ivre. 3 ou 4 fois seulement dans ma vie. J'ai beaucoup de mal a supporter une personne alcoolis√© et j'ai toujours eu beaucoup de mal a comprendre l'int√©r√™t de cette alcoolisation.

Mon conjoint a des parents qui ne consomment gère. Seulement a l'occasion de repas festifs. Pourtant il est tomber dans l'engrenage. Un de ses frère aussi consomme beaucoup.

En soit, je ne pense pas qu'il y est de pr√©disposition. Je pense juste que c'est d√Ľ a une faiblesse moral et/o√Ļ mental.
Si nous sommes sujet a la dépression, si nous avons du mal a affronter certaines épreuves de la vie de part notre caractère pas assez prononcé sur cette partie, nous aurons tendance a nous réconforter avec une substance quelconque qui risque fort de nous conduire vers l'addiction.

Il faut veiller au comportement de nos enfants par rapport a l'alcool et par rapport a leur faculté d'appréhender les épreuves. Pour mes enfants qui sont encore petits, ils tiennent déjà le même discours : je ne boirais jamais. Mais je me meffit, surtout mon fils qui est fragile psychologiquement.

Au plaisir

Kitou


MERCI
Merci pour tous ses conseils et ses réconforts que vous apportez
N'hésitez plus Adhérez !!!
Sauvons notre sauveur
https://www.baclofene.com/inde...=599244#p599244
 
Avatar de therena44
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  Lien vers ce message 17 Juin 2018, 18:51


Un post de Therana44 (ce jour 13/06 - 6h45 - pour JulieM, je cois) a déclenché chez moi l' ouverture de ce fil, a fait écho:

- " Quand ta mère aura compris le poids qu'elle te fait porter "
- " a enfin tenu son r√īle de m√®re "


Je m'excuse vis à vis de vous tous pour la maladresse de mes propos. Je voulais juste mettre en avant une idée et je l'ai fait de manière péremptoire et totalement déplacée vis à vis de Julie et de sa maman. Qui plus est le fil des TCA le plus lu par les alcoolodépendants.
Je suis en train de supprimer beaucoup de mes publications, encore toutes mes excuses.
Je pense également à supprimer mon fil qui peut faire peur à beaucoup de nouveaux venus et ce n'est pas mon but ou demander à Sylvie de l'archiver. Mon fil est ma bouteille à la mer et il est bien trop torturé pour le commun des mortels.

Therena
Message √©dit√© 4 fois, derni√®re √©dition par therena44, 17 Juin 2018, 19:08  

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Avatar de tchoupi
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  Lien vers ce message 17 Juin 2018, 19:29
Salut therena

Tu es vraiment super dure avec toi même !

Ton fil est très bien, tu t'exprimes très bien et tes propos n'ont rien de choquant.

Les propos cités si dessus sont une bonne matière à réfléchir, ne te flagelle pas, tu n'as blessé personne. Prend confiance en toi, tu le mérite largement !


"Il s’agit de viser la complétude, ce qui est à l’exact opposé de la compulsion" ;)
 
Avatar de therena44
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  Lien vers ce message 18 Juin 2018, 0:23
merci Tchoupi, c'est gentil de me réconforter mais cela me pose problème quand je relis la dureté de mes propos vis à vis de la mère de Julie.
Par rapport à votre fil qui traite d'alcoolodépendance je pourrais vous parler de mon ex-mari, le père de mes enfants, qui ne supporte pas l'alcool :
- 1 bière : levée des inhibitions
- 2 bières : colère
- 3 bières : violence
Son père était alcoolique et ne l'a pas élevé car placé très jeune à la DASS donc pas d'acquis liés à l'observation de son père,
Mes enfants de 13 et 16 ans emp√™chent leur p√®re de boire et mon fils a√ģn√© regarde l'alcool avec d√©go√Ľt et m√©pris : "comment les adultes peuvent boire une substance aussi dangereuse".
De mon c√īt√©, j'ai eu une phase d'alcoolisation pendant 1 an et demi mais pas de parents ou grands-parents alcooliques.

Selon moi, il y a une prédisposition à l'addiction qui se développe ou non selon notre éducation et les circonstances de la vie (cette fragilité peut être une propension à n'importe quelle addiction d'ailleurs). Je n'ai pas parlé de l'hérédité des TCA dans ce fil puisque ce n'était pas le propos.


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Avatar de julieM
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  Lien vers ce message Aujourd'hui, 4:38
Je viens de découvrir ce fil que Je trouve très intéressant!

Avant d'exposer mon expérience, Catherine (therena) je rejoins totalement tchoupi ! Je n'ai pas relu tout mon fil mais j'espère que tu n'as pas supprimé tes messages, ils m'ont vraiment aidé à avancer, à y voir plus clair, à me rassurer... ce serait bien dommage !
Et pour ton fil, d√©charger ses √©motions, c'est aussi fait pour √ßa! Je l'utilise aussi de cette mani√®re, au del√† du baclo, et √ßa fait vraiment du bien ! Un jour, lorsque je me questionnais sur le bien fond√© du "d√©versement" de mes √©tats d'√Ęme, Sylvie m'a r√©pondu (peut √™tre pas en ces mots mais l'id√©e y est) "Tu y mets tout ce qui te fais du bien" donc bouteille √† la mer, journal intime, carnet de bord, chacun s'approprie son fil √† sa mani√®re! Et une chose est s√Ľre, ici pas de jugement que de la bienveillance ! (ce que je salue, c'est tellement rare... d'ailleurs je ne fais pas que saluer, je m'incline devant vous !).

Voilà, ceci étant dit, voici mon expérience à 3 niveaux :

- le père de mon conjoint est alcoolique (Ricard, vin). Mon homme en parle peu voir pas du tout mais je sens qu'il en a souffert.
Il boit l'ap√©ro entre amis parfois s'alcoolise en soir√©e mais sa conso est (selon moi) "normale". Pour le vin il n'en boit pas du tout, il n'aime pas √ßa, est d√©go√Ľt√© m√™me par l'odeur. Je me demande si ce n'est pas un m√©canisme de d√©fense, le rejet (sans doute inconscient) par crainte de tomber "la dedant", comme son p√®re...
Son fr√®re (plus jeune), a, quand √† lui, un soucis avec l'alcool. Mais ce n'est que mon ressenti je n'ai pas √† poser ce fait sans en √™tre s√Ľre...

- J'ai v√©cu, il y a quelques mois, une s√©ance avec une kinesiologue assez d√©routante. je l'ai consult√© pour mes TCA. Elle parlait avec mon corps qui lui a racont√© son histoire, mon histoire (pas tout le monde y croit, moi j'y crois). Selon elle ma boulimie (mon corps lui en a parl√© en ce terme mais je suis hyperphage) remonte √† l'arri√®re grand m√®re de ma m√®re c√īt√© paternel (il faut suivre !) or ma m√®re ne conna√ģt pas son p√®re biologique. Et l√† le choc ! Mais aussi la r√©v√©lation... Mes TCA ont un caract√®re Inn√©s et non acquis ! C'est gr√Ęce √† cela que j'ai fouill√© du c√īt√© de la maladie, de l'addiction ce qui, de fil en aiguille, m'a amen√© au baclo et au forum puis √† l'indiff√©rence... un seul mot : Merci mademoiselle la kinesiologue !

- Je m'inqui√®te de la relation de mon fils a√ģn√© (8 ans) avec la nourriture. Quelque soit la quantit√© contenue dans son assiette, il la finit toujours et demande syst√©matiquement d'√™tre resservi.
Il veut toujours la plus grosse part de g√Ęteau, le plus gros morceau de pain...
Lorsque l'on a des invit√©s ou que l'on est invit√© et qu'il y a des p√Ętisseries ou autres g√Ęteaux sur la table pour le dessert/go√Ľter il ne s'arr√™terait pas, il en r√©clam√© 2, 3 fois voir plus si nous ne l'arr√™tons pas.
Lorsque je le vois tourner en rond, s'ennuyer, il me dis "j'ai faim"...
Un jour, pique nique dans son sac pour balade en forêt. 10h du matin et il voulait déjà le manger, il était focalisé la dessus. Je lui dis "c'est pas possible que tu aies déjà faim, tu viens de déjeuner. écoute ton corps, qu'est ce qu'il te dit ? (j'essaie souvent de lui faire ressentir la notion de faim/satiété). Et là il me répond "ma tête me dit que j'ai faim". Prise de conscience amère de ma part : sa tête lui dit et non son estomac...
J'ai vraiment peur de lui avoir transmis ce c√īt√© "pourri" de mon bagage g√©n√©tique...
Mais je crois que je lui transmets aussi, involontairement bien-s√Ľr, un rapport non naturel √† la nourriture qui pourrait le conduire vers les TCA (alors qu'au contraire je le fais pour son bien) : diabolisation du sucre, contr√īle du poids, restriction des quantit√©s au repas/go√Ľter... trop peur qu'il devienne ob√®se comme je l'ai √©t√© une grande partie de ma vie, avant la sleeve... Je viens d'en prendre conscience et j'y travaille...

Tout √ßa pour dire que je pense qu'il y a une interd√©pendance, un rapport intime entre le physiologique et le psychologique, c'est mon avis. M√™me avec une carence en GABA B, le syst√®me de la r√©compense erron√©, pas tout le monde developpera une addiction, tout d√©pend s'il a les ressources psychologiques ou pas.. Je me trompe peut √™tre, je suis seulement une "gamine f√©erique" (merci Marie-Pierre, cette appelation me va comme un gant ! ūüėČ) avec encore une petite exp√©rience de la vie...

Voilà je commence et je ne m'arrête plus, comme toujours !
Message √©dit√© 2 fois, derni√®re √©dition par julieM, Aujourd'hui, 5:32  
 
Avatar de therena44
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  Lien vers ce message Aujourd'hui, 8:37
Bonjour Julie et merci pour ton partage,
au delà de notre bataille et de nos failles, tu as mis en exergue le principal problème auquel nous devons faire face : avons-nous transmis notre maladie à nos enfants ?
Nous ne sommes pas paranos mais juste vigilantes car nous connaissons tous les signes de cette maladie : relation fauss√©e avec la nourriture (ne pas ressentir la sati√©t√©), manger sans faim (ton fils de 8 ans qui dit que la faim qu'il ressent est dans sa t√™te), l'envie de manger des aliments industriels (chips, bonbons, g√Ęteaux alors que tu essaies de lui inculquer les bases d'une alimentation saine).

Je n'avais pas parlé de TCA dans mon précédent post (toujours cette peur de déranger et mon incapacité à être neutre et synthétique) mais je saisis l'occasion pour le faire.

L'aspect h√©r√©ditaire de la maladie : mon p√®re a √©t√© anorexique restrictif toute sa vie ainsi que sa soeur a√ģn√©e. J'ai su par cette tante que mon p√®re √©tait gros √† 15 ans (il est n√© en 1914 donc un d√©calage de g√©n√©ration) et devant les moqueries qu'il subissait, il a pris une d√©cision radicale : 1/4 de la miche de pain traditionnelle et il est all√© "casser des cailloux en plein soleil pendant 3 mois" (pour construire une route en pleine campagne auvergnate avec 35¬į √† l'ombre l'√©t√©). Il a perdu 15 ou 20 kilos (passage de 85 √† 65 kg pour 1m70) et il a fallu appeler le m√©decin pour lui donner des fortifiants (en 1930 les agriculteurs n'avaient recours au m√©decin du village que dans des cas extr√™mes). Puis √† 18 ans il s'est engag√© dans l'arm√©e (Sahara guerre au Maroc) et toujours en op√©ration d√®s 5 heures le matin (histoire de d√©penser les quelques calories qu'il allait devoir ing√©rer). Quand je suis n√©e, il √©tait √† la retraite et passait ses journ√©es √† b√™cher son jardin pour passer ses nerfs et br√Ľler des calories. Alimentation hyper stricte sous des pr√©textes vari√©s (bronchite chronique, hypercholest√©rol√©mie) doubl√©e de col√®re et de violence car son activit√© physique √©tait insuffisante pour g√©rer son stress (plus de guerre officielle √† mener).

Pour ma part, je ne me souviens que de tr√®s peu d'√©l√©ments de mon enfance seulement ce dont ma m√®re m'a parl√©. A 10 ans, un p√©diatre a eu "l'intelligence" de dire √† mes parents que j'√©tais trop grosse (30 kg pour 1m30) et j'ai d√Ľ subir le r√©gime de mon p√®re (absence de beurre ou d'huile, pas de fromage gras juste de la tomme de montagne all√©g√©e et insipide, du riz ou des p√Ętes sans assaisonnement, des l√©gumes vapeur). Et la r√©compense hebdomadaire : la tartelette aux fruits du dimanche midi. Seule entorse √† la r√®gle : quand nous recevions des invit√©s et l√† je pouvais me l√Ęcher un peu (gigot et sauce tartare le bonheur). Mon p√®re me disait : "tu es moche, grosse et conne alors si tu veux r√©ussir dans la vie il faut travailler √† l'√©cole". Alors je travaillais bien √† l'√©cole... puis anorexie restrictive avec placement en clinique psy par mon p√®re (43 kg pou 1m66 donc pas en danger de mort) et boulimie ensuite. 1 an et demi de boulimie pure puis la libert√© offerte par les vomissements qui m'ont paru jusqu'√† ma r√©cente prise de conscience "ma solution id√©ale". Ma boulimie ne se voyait pas hormis l'√©tat de mes dents, mon contr√īle de la prise alimentaire en public et la n√©cessit√© d'attendre avant d'aller aux toilettes et mon d√©go√Ľt de moi-m√™me qui ne m'a jamais quitt√© : je suis toujours grosse, moche et conne. Bravo papa conditionnement r√©ussi.

Mes enfants : mon fils n'a aucun probl√®me avec la nourriture m√™me s'il a eu beaucoup de soucis pour s'ins√©rer dans la vie. Il a 16 ans et demi mais tr√®s longtemps asocial car diff√©rent (il a appris √† lire tout seul √† 4 ans par ennui et ne lisait que des atlas et des encyclop√©dies). Ne rien faire √† moiti√© (√ßa me rappelle quelqu'un) et une pression extr√™me qu'il s'impose pour r√©ussir. Et une addiction classique des ados : le smartphone. Impossible de lui retirer, il fait des crises terribles. Je lui ai fait confiance longtemps √† ce niveau mais j'ai eu tort. En m√™me temps, il est interne et je ne peux pas le laisser √† l'internat sans t√©l√©phone. Il a un forfait cons√©quent qui ne me co√Ľte rien mais qui lui porte pr√©judice pour ses √©tudes et pour sa disponibilit√© intellectuelle. Quand je lui impose de poser son t√©l√©phone (je ne lui arrache plus de force car il a d√©j√† √©t√© violent), je lui arrache sa vie et il parle, il parle ("le moulin √† paroles" on l'a toujours surnomm√© ainsi), il parle de ses centres d'int√©r√™t obsessionnels (politique, technologies etc) jusqu'√† ce que je lui rende son t√©l√©phone pour qu'il se taise ("pour avoir la paix", m√®re indigne). En fait il a seulement besoin d'√™tre √©cout√© et je dois le faire. C'est en √©crivant que je trouve cette r√©ponse √©vidente. Mon fils a toujours besoin d'apprendre et malheureusement, je n'ai pas d'encyclop√©die suffisante √† lui proposer. Internet est une mine d'informations mais il n'y a pas de d√©codeur int√©gr√© et il analyse les infos avec des filtres biais√©s (ses opinions politiques enfin celles de son p√®re, ses raccourcis historiques ou √©conomiques).
Bon un gros chantier pour moi (je suis une pure scientifique cartésienne avec un évident manque de culture générale face au niveau de mon fils).

Ma fille de 13 ans, par contre, pourrait avoir h√©rit√© de mon addiction. J'essaie d'analyser et de relativiser sans les biais de ma vision fauss√©e de la nourriture. Oui elle ne ressent pas la sati√©t√© m√™me si elle mange tr√®s lentement (1 heure √† table minimum) et grignote tout le temps (elle s'ennuie ou autre raison), a une image d'elle-m√™me d√©testable (moche et nulle), des probl√®mes scolaires importants et une √©ternelle recherche ou besoin de d√©passer les limites. Elle est suivie au CMPP. Je viens d'avoir leur retour via mon ex. Ses probl√®mes scolaires et comportementaux seraient dus √† son manque d'estime d'elle-m√™me. J'ai √©t√© tr√®s √©tonn√©e au d√©part et puis j'ai analys√© cet √©l√©ment. Je ne voyais que son c√īt√© manipulateur pour arriver √† ses fins et son √©ternel besoin de pousser les autres dans leurs derniers retranchements. Accumuler les heures de colle cela lui convenait puisqu'on s'int√©ressait √† elle ainsi que ses constantes mises en danger pour attirer notre attention. Elle souffre de l'exc√®s d'attention port√© √† son fr√®re. Pourtant elle a toujours √©t√© la chouchoute de son p√®re qui n'a jamais vu que par elle et mes enfants vivent avec leur p√®re depuis fin 2014. Le probl√®me est donc de mon c√īt√©. On apprend √† se retrouver sur notre int√©r√™t commun pour la d√©co et les fringues. Je me suis mise au rap et √† la t√©l√©r√©alit√©. Toute cette superficialit√© dont elle a besoin pour exister. Le culte des marques et le fait de s'habiller toujours branch√© pour trouver sa place √† l'√©cole et entre filles. Alors quand elle ouvre le deuxi√®me paquet de g√Ęteaux, je me force √† aller l'immerger dans un centre commercial avec toutes ses marques pr√©f√©r√©es et m√™me si elle crie famine de temps en temps, j'essaie de l'amener √† attendre l'heure du repas pour manger certes au KFC (5‚ā¨ la m√©gabox pas trop grasse contrairement √† MacDo). De toute fa√ßon, chez son p√®re, elle mange √©quilibr√© donc cela compense. Mon fils ne mangeant pas de l√©gumes et moi ne supportant pas de cuisiner et de voir de la nourriture devant moi, c'est un moindre mal. Quelle plaie, si j'√©tais une m√®re normale, je n'induirais pas ce comportement √† risque chez ma fille. J'adore avoir mes enfants avec moi, c'est ma vie et la prunelle de mes yeux mais cela m'aiderait grandement de pouvoir avoir une relation apais√©e avec la nourriture...

Toujours aussi synthétique "ma pauvre Catherine" :fsb2_godgrace:
Message √©dit√© 3 fois, derni√®re √©dition par therena44, Aujourd'hui, 10:32  

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  Lien vers ce message Il y a 6 minutes, 12:09
:fsb2_smile: Eh, toutes et tous qui êtes venu(e)s, à ce jour, déposer vos connaissances et relater vos situations, sur ce fil que j' ai ouvert . . .
Que de disparités, et que d' anxiété.
Nous voilà bien !

Comme en beaucoup de choses, je crois que nous aurons d' abord bien du mal √† d√©m√™ler l' inn√© de l' acquis; le g√©n√©tique du comportemental; √† distinguer les r√īles respectifs de l'h√©r√©dit√© et des circonstances de l' existence.

Pour plusieurs d'entre nous, l' un des deux enfants est sujet (ou donne des signes de "pouvoir" devenir sujet) à cette fragilité qui conduit à la compulsion que nous connaissons nous-même (nourriture ou alcool), l' autre enfant pas du tout . . .

Certains de nos enfants, et certaines personnes parmi nous-mêmes, se sont manifestement positionnés (pas forcément "volontairement") en rejet complet, vis à vis de notre "problème" dévastateur, ou de celui dont souffre ou a souffert l' un de nos parents (ou les deux).

Et puis il y a ce que dit JulieM, au sujet d' une séance de kinésiologie. C' est très marquant. (1)

Au passage, je mentionne que nous échangeons sur le thème de l' addiction à l' alcool, à la nourriture, et peut-être à d' autres substances; qu' en serait-il si nous abordions la question de la dépression, la question du TAG, et celle du suicide, par exemple . . . ?

C' est JMV, je crois, qui ailleurs que sur ce fil, a écrit "nous ne sommes pas sortis de l' auberge". Ho non, en effet. Notamment pour celles et ceux qui ont des enfants encore très jeunes ou adolescents.

Je propose que nous poursuivions ces discussions, même si elles ne "nous avancent pas" véritablement. Enfin, même si elles ne donnent pas de solution. Pas maintenant, au temps "T". Même si, il me semble, nous disons tous qu' il y a des interactions, des facteurs (neuro-) biologiques, et des facteurs comportementaux.

Même si, comme je crois comprendre, il y a une sorte de "loterie".

Et même si, je l' ai dit quelque part, je ne confonds pas ce Forum avec un Forum "psy".
Je propose de poursuivre parce que nos gosses (qui l' a écrit, ça ?) sont nos amours ("absolus", cet adjectif, c' est moi qui l' ajoute) et la prunelle de nos yeux.

Et parce que pour moi, il y a une énigme infernale: comment ne pouvons-nous pas "nous changer", à la force de cet amour viscéral envers eux ? en ne pouvant pas agir sur ce "levier" ?
Enfin, je sais bien, certains l' ont fait.

Ce post se voulait être un petit bilan d' étape. Si vous voulez, on va un peu plus loin . . . cahin-caha.

Marie-Pierre



Pour Théréna: " si j' étais une mère normale " . . . tu te blesses en ayant ça en tête,

tu ignores peut-être combien de mères se reprochent de ne pas être "une mère normale". Entendre dire ça, ou même le savoir, ça ne rassure pas, ça ne console pas, d' accord, ça ne gomme pas les insuffisances et les travers que nous avons (oui, nous en avons, inutile de se voiler la face), mais essayons de comprendre que nous avons des représentations, de la mère, et de la famille idéale. Tout comme de la "petite fille" idéale.

Regarde un peu les écrits de D. Winicott; 1953; c' est "ancien" mais beaucoup s' accordent à penser que c' est encore aujourd' hui très juste. Vite fait, c' est son concept de la "Good enough mother".

Et . . . pour la longueur de tes posts, ne te soucie pas. Il y a de la place dans le système informatique du Forum (Oui, Sylvie ?). Et puis l' analyse et le développement, c' est un trait de certaines personnes. Il n' y pas de scrupule à avoir sur ce point.

(1) Pour JulieM: j' ai déjà connu une expérience analogue, mais avec une thérapeute qui a mis à jour beaucoup de choses intéressantes sur les processus générationnels (transmission intra-utérine des états émotionnels, datations, je ne vais pas au-delà, je pourrais choquer); prochainement je rencontrerai une autre personne, qui n' est pas une scientifique (eh oui, une scientifique), contrairement à la précédente, mais j' en attends quelque chose, et non sans peur; qu' est-ce qu' on fait, ensuite, avec les "révélations" ?.


Baclo depuis 02/12 - 3 séquences de guérison: 4 mois, 8 mois, et depuis le 20/01/15,
à l' issue d' une remontée jusqu'à 310 mg, à partir de 150 mg début 09/14.
Au 30/06/15: 240 mg en 5 prises, de 09h00 à 17h00 - Descente (EI) à 190 mg en 7 prises de 06h00 à 18h00 depuis le 20/07/15.
Echecs 2012 et 2014 d√Ľs √† descentes trop rapides et/ou importantes.
 
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