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Un journal du Baclofène

Avatar de Bartleby
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  Lien vers ce message 09 Juin 2019, 23:18

Reprise du dernier message

Bonsoir Yann,

SI je n'ai rien répondu à ton message, ce n'est pas par indifférence, c'est que, comme dans celui-ci, tu analyses très bien les choses, que je suis atterré, et impuissant face à ce qui t'est arrivé, à ta colère, et surtout face ta souffrance. Ca laisse muet, tout simplement, en tout cas moi je ne trouve pas les mots.

Je vais juste essayer de te faire sourire, , puisque tu parlais de tes rêves morbides dans un autre fil. Moi, j'ai fait un rêve plutôt sympa, directement lié au forum. Dans mon immeuble, il y a un voisin qui ressemble à un alcoolique. Je ne sais pas s'il l'est, et je m'en fous, mais il ressemble un peu. On n'a jamais eu l'occasion de parler autrement que bonjour/bonsoir, mais je le trouve sympa.
Dans mon rêve, je suis sur le forum, et je lie les messages d'un membre avec qui je m'entends bien depuis quelque temps (ce membre ne porte pas un pseudo qui existe vraiment sur le forum). Et dans un post, il se met à décrire son immeuble : je me rends compte que c'est mon immeuble ! Et que donc, ce membre du forum, c'est mon voisin ! Et là, grande tendresse, car je comprends pourquoi je l'aimais bien, ce gars.

Un gentil rêve, celui-là, non ?

Sinon, de mon côté, aujourd'hui, tout comme hier, un peu de sorties en plus. Baclo diminué, zombitude un peu mais pas vraiment. Pas d'alcool : ça, je suis vraiment content.

Je crois que mon fils est gai. Et demain, ma soeur va venir pour m'aider à prendre des décisions pour faire des travaux dans l'appart : ça va m'obliger à me bouger un peu !


Comme hier, je te souhaite une nuit sans cauchemars, et espère que demain sera un jour avec un peu moins de colère, que tu évoques dans un de tes posts.
 
Avatar de Bartleby
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  Lien vers ce message 11 Juin 2019, 15:22
Bonjour,

Quelques nouvelles.

Suis le front de l'alcool et du baclo, c'est toujours pareil : 150 mg en 6 prises, ou plutôt souvent 120 en 6 prises, et le reste en sublingual. C'est un peu du bricolage, mais ça a l'air de marcher.

Diminuer le baclo, c'était au départ clairement pour diminuer les EI, et finalement, il s'avère que c'est en diminuant que j'arrive à ne pas boire, dans une situation ou normalement j'aurais bu...

Par exemple, mon fils est parti assez tôt hier après midi, et je n'ai pas bu pour autant. Aujourd'hui non plus, mais c'est plus fragile. Je ne parlerais pas encore d'indifférence.

Bref : je n'y comprends pas grand chose.


La zombitude et autres EI n'ont pas complètement disparu, loin de là, mais sont moins gênants. Et j'ai l'impression d'être un peu plus "zen" que d'habitude (et aussi de moins parvenir à écrire sur le forum, bizarre, non ?). J'arrive un peu plus à lire.

Je pense rester à 150, peut-être en répartissant différemment les prises dans les sitations où je ne veux pas être zombi.

Bonne fin de journée.
 
Administrateur
Avatar de Sylvie
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  Lien vers ce message 11 Juin 2019, 20:44
Il est fort possible que les EI "te poussaient" à boire
Je ne suis pas vraiment étonné de ce que tu racontes
Parfois diminuer est bénéfique à tous points de vue


Merci mille fois à celui qui a eu la générosité de partager sa découverte avec nous ...

Il faut que nous soyons nombreux : Adhérez

A lire pour comprendre ce qu'est le baclofène.
Notre livre Baclofène la fin de notre addiction, les alcooliques ne sont plus anonymes ....
 
Avatar de cuillère
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  Lien vers ce message 14 Juin 2019, 21:35
Bonsoir Bartelby, après un moment d'absence je suis venue lire tes dernières nouvelles et j'ai été désolée pour toi de voir ta tristesse de ces derniers temps.

Je crois lire une amélioration en baissant la dose, à la fois sur le moral mais aussi sur l'envie de boire, et ça c'est très positif.

Lorsque j'ai commencé le baclofène, j'ai atteint rapidement mon "premier" seuil à 130mg pour la boulimie vomitive. J'ai continué à augmenter pour l'alcool, sans parvenir à l'indifférence, jusqu'à 210mg. Là, après un moment, j'ai été obligée de redescendre à cause des EI qui commençaient à beaucoup trop m'handicaper. Et c'est en redescendant que j'ai rencontré l'indifférence! Et lorsque je l'ai raconté ici, j'ai pu lire que c'était loin d'être une exception. (bon après coup et en diminuant encore je l'ai perdue mais j'ai eu une année de sérénité réelle, et je sais que je vais la retrouver)

Je te souhaite donc que ce soit la clé pour toi aussi, c'est étrange, certes, mais ce médicament est vraiment plein de surprises.

Je voulais aussi dire que je me sens très touchée par toutes tes préoccupations autour de ton fils et ta recherche de la meilleure attitude, pour être le meilleur père possible. Je peux t'assurer que nombreux sont ceux qui ne se posent aucune question sur le sujet et qui ne font aucun effort. Ta remise en question constante est pour moi une marque indéniable de ton implication et de ton engagement auprès de lui. Et ça, crois moi, il le sait, il le voit. Et ce ne sont pas quelques somnolences ou coups de mou qui vont l'effacer.

Je t'embrasse et j'espère que ça va.


30 mg à 8h15 30mg à 12h00 40mg à 14h00 60mg à 16h30 20 mg à 18h
soit 180mg/jour
Début du traitement le 17 février 2016 - arrêt des crises de boulimie vomitive à 130mg (le 28 mars 2016 soit un mois et dix jours après le début du traitement).
 
Avatar de Bartleby
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  Lien vers ce message 14 Juin 2019, 23:27
Bonsoir,

Merci pour ton chaleureux message, Cuillère, qui m'a fait plaisir. Je vais remonter ton fil pour y retrouver l'épisode auquel tu fais allusion.

Ceci dit, pour moi, ce n'est pas l'indifférence à l'alcool, loin de là, ça reste très fragile. Ce matin, j'avais un rendez-vous où je ne pouvais pas me permettre d'être zombi et je n'ai pas pris mes doses de baclo : résultat en fin de journée : 4,4 UA. JE vais peut-être passer de 150 à 160 lentement pour consolider tout ça.

Et de toute façon, même dans l'abstinence de 5 jours dans mes conditions de vie "normales" que je viens de connaître, c'est quelque chose qui ne ressemble en rien à ce à quoi je m'attendais (pas de sérénité, de libération, pas d'épiphanie, pas de renaissance) : plutôt un vide, un immense vide, toujours la zombitude, et une absence totale d'énergie. CEs deux derniers aspects peuvent peut-être être des EI du baclo, et la plupart sont toujours là.

Mais si c'est l'approche de l'indifférence, alors ça risque de rendre la dépression encore plus triste. Le coup classique quoi.

Donc oui, je suis un peu perdu.

Et oui je m'accroche à mon fils, mais aimerais qu'il ait l'impression que j'ai d'autres branches auxquelles me raccrocher. Heureusement, il est trop malin pour accepter ce rôle de branche unique (ppfff : ma métaphore de branche devient un peu lourde :fsb2_wink: ...).

Donc : modestie et longueur de temps. Etant dans le contrôle et la rationalisation, j'ai l'impression que si je ne n'arrive pas à envisager, même avec l'imagination la plus débridée, une solution dans l'éventail des possibles réalistes, c'est que cette solution n'existe pas. Or, la solution viendra peut-être d'un petit truc que je n'envisage pas du tout : à moi de me rendre disponible à le percevoir...

Bises.
 
Avatar de Lointain
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  Lien vers ce message 17 Juin 2019, 16:33
Salut Bartleby,

A ce que tu écris de ta conso de 4,4 UA, c'est clair que tu as besoin de ta prise de baclo.

Je me souviens bien de l'époque où n'ayant pas atteint mon propre dosage efficace, je buvais environ 2 fois par semaine entre 6/8 bières en soirée.
L'indifférence n'était évidemment pas encore là.

J'espère que tu auras passé un bon week-end, sans alcool, ou avec une conso minime.
Tu nous diras ?

Pour l'abstinence de 5 jours que tu évoques, c'est, je crois, bien trop peu, pour que le cerveau se remette à fonctionner sans être parasité par l'alcool.

Je veux dire que quelle que soit l'issue dans une vie de la période qui suit l'indifférence, j'ai remarqué qu'il avait fallu beaucoup de temps (plusieurs mois) pour que je retrouve une manière de penser, d'appréhender la réalité, "normale" - j'emploie le concept de normalité à défaut d'en trouver un plus adéquat.

Comme si les vapeurs de l'alcool restaient dans le cerveau très, très, longtemps après la dernière cuite.

Il y a aussi que cette période de plusieurs mois (voir davantage...)..)ouvre à un retour sur soi qu'il n'est pas toujours aisé de vivre, de supporter, d'endurer, et, dans le meilleur des cas, de dépasser.

Ceci dit, je comprends que tu puisses être déçu de ton ressenti relatif à cette courte période de "vie " normale", sans alcool, où tu n'as pas éprouvé de "sérénité", ou de "libération".

Pour la "renaissance", je crois qu'une durée de 5 jours est bien trop courte pour l'envisager.

Mais, je te comprends car je n'ai jamais cru que l'arrêt de l'alcool allait déboucher sur une "libération" et tout le reste, joie, sérénité, amour, gloire et beauté. :fsb2_godgrace:

Sans rire, les parcours avec l'alcool, et les conséquences de l'alcool sur une vie, sont si variables, si différentes, selon chacun(e), que la fin de la consommation de l'alcool ne débouche pas forcément sur une "libération", puisqu'une liberté qui n'a pu se déterminer à cause de l'alcool, peut donc en effet se retrouver avec les mains vides, ou à éprouver ce sentiment de "vide", dont tu viens de faire la douloureuse et désagréable expérience.

Le "vide" dont il est alors question n'est pas une vue de l'esprit, mais un vide concret.
Boire prends du temps et peut avoir pris la place de beaucoup d'autres activités dont les "résultats" sont donc absents.
Encore une fois, c'est variable selon chacun(e).

Ce "sentiment" de "vide", je l'ai éprouvé, je le vis au jour le jour - enfin , je le supporte plutôt que de le vivre- et je pense bien n'être pas le seul(e).
Je me souviens que ce sujet avait commencé d'être évoqué l'année passé sur le Forum, notamment par Jean-Marie, qui nous hélas quitté depuis.
Des échanges sur ce gros souci existentiel avait donc eu lieu ici, mais il n'y a pas eu de suite sur le moyen/long terme.

A te lire.

Yann.
Message édité 2 fois, dernière édition par Lointain, 17 Juin 2019, 16:46  

Au nord de nul part .
<br / Début Baclo le 12/1/16. Depuis le 12/10/17 dosage à 200 mg/jour + 10 mg le soir avant le coucher.
. 5 prises de 40 et 50 mg espacées de 2 heures. Indifférent à nouveau depuis le 03/11/2017. 120 mg depuis Septembre 2018. Adhésion faite.
 
Avatar de Bartleby
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  Lien vers ce message 18 Juin 2019, 6:42
Bonjour,

Merci Yann, pour ton message. J'y répondrai plus tard.

Là, j'ai une décision à prendre parce que je vais voir mon interne ce matin et je ne sais pas trop quoi lui proposer — sans être contre, ce n'est pas un pro du baclofène.

Voilà les données du problèmes :

Je suis à 150 depuis plusieurs jours, en 6 prises. Les EI très gênants ont disparu ou se sont atténués, mais je suis très déprimé et très pessimiste. Sans énergie aucune, très pessimiste, persuadé que que je vais finir ma vie comme ça. Il est clair que dans l'état où je suis je serais incapable de reprendre le boulot. Cette extrême anxiété m'amène à boire ,— 2,2 UA ces derniers jours.

J'ai tenté de décrire dans mon dernier poste le tsunami qui s'est abattu sur moi quand j'ai eu un moment où j'envisageais la vie sans alcool : un tsunami qu'il faudrait, c'est l'impression que j'avais, des mois à endiguer — ce que tu confirmes, Yann. Commencer à travailler sur la réalité, non sur un monde vu à travers le prisme de l'alcool. C'est un véritable vertige, un travail de très longue haleine à mener dans le réel, non seulement dans le réel psychique.

Autrement dit, là, maintenant, je suis paralysé : difficulté à assurer les tâches quotidiennes, grosse angoisse pour les vacances avec mon fils, impossibilité projetée de reprendre le boulot en septembre, tant mon acuité intellectuelle et mon énergie sont dérisoires.

Avant le baclo, ce n'était pas à ce point là. Clairement.

Du coup, qu'est-ce que je propose à mon interne :

1. Remonter à 160 mg de baclo, pour me rapprocher de l'indifférence, avec tous les gouffres qui risquent de s'ouvrir à l'indifférence ?
2. Baisser le baclo encore, afin de fuir les EI zombi, retrouver pied avec la réalité ? Mais cette réalité d'avant était-elle vraiment différente de celle de maintenant, la conscience de la vivre en moins ?

Je n'ai pas de réponse, tant sont surprenantes les actions du baclo.

J'ai tendance à opter pour la première solution. Quitte à adopter le seconde si les EI sont trop importants. MAis sachant que les EIà 150 sont déjà ceux d'une dépression sévère/à moins que cette dépression sévère ne vienne du voile qui s'ôte devant mes yeux avec la diminution de l'alcool, découvrant un réel difficile à supporter, mais ayant lui-seul de la valeur — d'où mon relatif éloignement du forum, qui est virtuel.

Qu'en pensez-vous ? Y a t-il-eu des cas similaires ?

Ma répartition, sur laquelle je pourrais jouer, est :

7h. : 2 cp.
9h. 2 cp.
11 h 3 cp/
13h. : 2 cp.
15h. 3 cp.
17 h. : 3 cp.

Une question pour mois fréquente : prendre le baclo au réveil (aujourd'hui 5 heures, après 3 heures de sommeil) et faire tous les les 2 heures, ou m'en tenir à un début de proses à 7 heures. Là (alors que depuis plusieurs semianes je fais ma première prise baclo à 7 heures tapantes) , pour me lever et écrire ce message, j'ai du boire 2,2 UA, malgré les anxiolytiques pris avant pour éviter ça, sans action notable.

CE qui est clair, c'est qu'avant le baclo, je n'avais pas connu cette zombitude, et qu'une option extrème serait de laisser tomber le baclo pour passer de bonnes vacances et assurer le boulot à la entrée.
`
Bref : tout ça est compliqué pour moi, doit l'être encore plus pour vous. JE crois que ce le sera encore plus pour mon médecin. Mais vos avis, si vous en avez, pourraient peut-être m'aider.


Bonne journée estivale (je crois) à vous.
Message édité 1 fois, dernière édition par Bartleby, 18 Juin 2019, 6:46  
 
Administrateur
Avatar de Sylvie
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  Lien vers ce message 18 Juin 2019, 10:35
Bonjour

Je pense que tu devrais diminuer encore ...
Mais sans forcément le dire à ton interne, histoire d'avoir du stock "au cas où"
Il faut que tu retrouves de l'énergie

Pour les prises, je les ferais au levé et toutes les 2h
Surtout si tu es obligé de prendre des anxiolytiques

Je suis vraiment désolée de te savoir si mal ...


Merci mille fois à celui qui a eu la générosité de partager sa découverte avec nous ...

Il faut que nous soyons nombreux : Adhérez

A lire pour comprendre ce qu'est le baclofène.
Notre livre Baclofène la fin de notre addiction, les alcooliques ne sont plus anonymes ....
 
Avatar de riquinita
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  Lien vers ce message 18 Juin 2019, 13:20
Bonjour Bartleby,

Navrée de te savoir si mal.
Quoi te dire, tu décris que tu es très déprimé, pessimiste, très anxieux, sans aucune énergie, difficulté à assumer les tâches quotidiennes
Une question me vient es-tu sous anti-dépresseur ou non ?Au niveau sommeil dors-tu?
C e que tu décris est un état d'épuisement
C'est sur qua la vie sans alcool c'est être dans la réalité c'est sans doute cela qui t'es difficile
Je ne te conseillerais pas pour les doses et prises du baclofène mais mon fils pendant un moment était dépressif (sa situation étant pour quelque chose) mais le baclofène l'a rendu dépressif depuis il prend un anti-dépresseur et au point de vue émotionnel s'est rentré dans l'ordre , le sommeil étant pertubé également il était dans un état d'épuisement incapable de faire les choses maintenant il prend de l'homéopathie pour le sommeil cela va un peu mieux.
Voilà je ne sais trop quoi te dire de plus
J'espère comme tu auras vu ton interne il aura pu t'aider

Trsè bonne fin de journée à toi
 
Avatar de Lointain
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  Lien vers ce message 18 Juin 2019, 15:35
Salut Bartleby,

Je suis aussi désolé par ce que tu nous écris.
Comme tu le sais, je partage avec toi cette propension à une très importante anxiété et cet état de dépression.

Je comprends que tes E.I les plus "gênants" ont disparus, mais que tu es dans un état de dépression majeure, avec de l'anxiété.

Je le suis aussi, comme je te l'ai confié.
Je parviens à faire certaines choses au quotidien (cela varie selon les jours), tandis que d'autres restent impossibles, et je partage l'état mental qui est le tien et que tu nous décris.

Je vais donc te donner mon opinion (ça reste donc une simple opinion), en fonction de ce que j'ai pu lire de toi.
Tu me diras quand tu le peux ce que tu en penses (j'ai peut-être tout faux, ou pas), ici ou en M.P, comme tu le préfères :

. L'alcool t'a servi et te sert encore à mal soigner ou mal combattre l'anxiété et la dépression.

. Le Baclo te permet de moins boire, mais il met en relief ton état d'anxiété/dépression.

. La décision de soigner ton alcoolisme, puis ta décision de prendre le Baclo, dans le but de vivre vivre sans alcool, ont engendré une pensée sur l'avenir que l'alcool anesthésiait jusqu'ici, laquelle pour une personne en dépression majeure est très anxiogène.
Cette pensée de l'avenir (à court, moyen et a fortiori long terme) peut être un véritable gouffre, puisque la dépression majeure a pu être décrite comme un état où la personne en dépression ne peut se vivre dans l'avenir, fut-il à très court terme (Par exemple, une sortie prévue à une semaine est cause d'une anxiété démesurée).

Aussi, pour savoir si c'est le Baclo ou la dépression qui est la cause actuelle de ton absence ou de ton grand manque d'énergie, cela me parait plus délicat.

La dépression entraîne tant de pensées sombres et atrophie tant l'énergie vitale qu'elle pourrait bien être davantage présente pour toi qu'auparavant.

Mais par prudence, tel que Sylvie te le conseilles justement, une baisse de ton dosage en Baclo actuellement serait sûrement opportune, afin que tu puisses sur un assez long moment te rendre compte d'une amélioration ou pas de ton état sur ce point.

Viens surtout nous dire ce que ton R.D.V avec ton interne aura donné.

Bon courage à toi.

Yann.
Message édité 1 fois, dernière édition par Lointain, 18 Juin 2019, 15:37  

Au nord de nul part .
<br / Début Baclo le 12/1/16. Depuis le 12/10/17 dosage à 200 mg/jour + 10 mg le soir avant le coucher.
. 5 prises de 40 et 50 mg espacées de 2 heures. Indifférent à nouveau depuis le 03/11/2017. 120 mg depuis Septembre 2018. Adhésion faite.
 
Avatar de Therena
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  Lien vers ce message 18 Juin 2019, 16:19
bonjour Bartleby,

je suis navrée que tu te sentes aussi mal.

La prise du baclofène a engendré une phase hypomaniaque.
As-tu envisagé la possibilité que ta dépression actuelle soit juste une phase Down ?

C'est à toi d'analyser si cette phase ressemble à tes dépressions précédentes ou s'il y a une nouvelle composante qui est apparue.

S'il s'agit du contrecoup de la phase précédente, tu pourrais envisager avec ton médecin de prendre un antidépresseur plus un léger thymorégulateur.

Normalement dans les phases down, on dort beaucoup, ce qui n'est pas ton cas.

Il semblerait que le baclofène ait accentué la labilité de ton humeur donc la meilleur solutions serait encore de diminuer le baclofène pour arriver à rééquilibrer tout ça.

Pour ma part, le baclofène a entraîné également une hypomanie au début et je vis des moments d'intense fatigue et perte de moral durant lesquels je ne dors pas non plus comme en ce moment. Tu sais que ma bipolarité avait été diagnostiquée bien avant que je débute ma bacloroute mais le médicament a accentué cette tendance.
Je vais devoir encore augmenter mon thymorégulateur pour pouvoir dormir car je dois effectuer ma plus forte prise de baclo le soir après 20h.

Avant le baclo, je dormais comme un bébé durant mes phases down, plus de 12h par nuit donc le baclofène modifie mon sommeil durant ces phases.

J'espère que mon témoignage pourra t'apporter un autre éclairage sur ton mal-être actuel.

Nous pouvons bien sûr échanger en MP si tu le souhaites.

Je t'envoie tout mon courage.

:fsb2_bis1


Indifférence pendant 3 mois du 7 février au 7 mai
Perte d'indifférence liée à mon désir de maigrir et à la restriction cognitive
Crises le soir après 23h
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  Lien vers ce message 18 Juin 2019, 20:59
Bonsoir.

Merci beaucoup Sylvie, Riquinita, Yann et Therena pour vos messages, qui m'aident beaucoup et me font chaud au coeur, vraiment. Je voulais vous rassurer, en vous disant que j'ai passé une assez bonne journée.

Je ne vais pas dire que mon message noir de ce matin ne reflétait pas la réalité : c'est ma réalité des nuits courtes, celle des jours/des moments où ça ne va pas. Une réalité dont je ne sais pas l'importance qu'elle a, dont je ne sais pas — pudeur et/ou sentiment d'inutilité — s'il faut la dire ou non. Une réalité en tous cas à laquelle j'essaie de ne pas accorder trop d'importance, parce que ça ne sert à rien. Je préfère m'accrocher à une autre réalité, faite d'espoir, parce que même si elle n'est écrite qu'au futur c'est elle qui importe, et que tout ce qui peut, dans le présent, la nourrir est plus important que tout le reste, même si c'est très ténu, très fugace et fragile. Pas le choix.

Donc ce matin j'ai pu me rendormir, puis profiter de cette journée estivale sans me sentir complètement exclu des bienfaits du soleil et de la chaleur. Je pense avoir été "à ma place", m'être comporté de façon juste avec les différentes personnes que j'ai vues. Bref, ça a été.

Pour l'avenir, on verra bien. Ma "bacloroute" est tellement sinueuse que c'est difficile à dire. Il est clair que mon alcoolisme fait partie d'un "équilibre" qui rendait supportables ma situation, et ma solitude. Que sans l'alcoolisme, tout un dispositif complexe doit se repositionner, ce qui n'est pas sans risques. Après tout, 6-7 UA quotidiennes, l'équivalent d'une bouteille de vin par jour, pour maintenir l'équilibre du malheur, pourquoi pas ? Sauf que ce n'est qu'un équilibre, et que j'aimerais mieux, même à mon âge, j'aimerais vivre mieux que cet équilibre qui n'est que celui du malheur.

D'où le message de ce matin, qui est le résultat du déséquilibre causé, je l'espère, par l'effacement progressif de l'alcool dans mon équation de dépressif solitaire.
Il n'enlève pas l'énorme espoir d'une vie débarrassée du facteur alcool, que permet clairement le baclofène, quitte à déstabiliser par son caractère chimique, à la fois inéluctable et perturbant parce qu'on n'a pas prise sur lui. Du coup, "phase down" ou lucidité, ou alors juste "comme d'habitude mais ce n'est plus noyé par l'alcool", je ne sais pas trop.

Je ne sais pas encore ce que je vais faire en ce qui concerne la posologie, si ce n'est que je ne vais pas augmenter.
D'un côté, je n'ai pas envie de risquer de boire davantage en baissant ; de l'autre, il n'est pas question que les EI gâchent le peu qui me reste de non-solitude. Je vais naviguer entre les deux écueils en privilégiant les moments de non-solitude, mais sans perdre de vue que tout sera plus simple, ou au moins plus clair, une fois que l'alcool comme dépendance aura disparu de ma vie.

Bon... Ce message était sensé rassurer, il est finalement assez... (hum) contemplatif. Soyez rassurés néanmoins : je fais au mieux, à défaut de faire simple, et l'essentiel est là.

Et désolé pour l'égocentrisme !
 
Avatar de Kor...
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  Lien vers ce message 18 Juin 2019, 22:24
Courage Bartleby...

Normalement après la pluie viens le beau temps

Je te lis depuis le début de ton arrivé. Même si on a pas le même âge

J'espère de tout mon cœur que tu trouvera la force nécessaire pour franchir tout les obstacles...

Pour l'alcool fait le no stress.

Ça va le faire

Courage...
Message édité 2 fois, dernière édition par Kor..., 18 Juin 2019, 22:32  

Sans la dépendance, la fête est plus folle...
 
Avatar de Bartleby
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  Lien vers ce message 19 Juin 2019, 12:28
Merci Kor, pour ton message. Comme je le disais, je fais au mieux. L'humeur va et vient, mais je ne perds pas de vue la direction à prendre !
 
Avatar de Kor...
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  Lien vers ce message 19 Juin 2019, 12:34
:fsb2_1010 ...


Sans la dépendance, la fête est plus folle...
 
Avatar de Lointain
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  Lien vers ce message 19 Juin 2019, 15:25
Salut Bartleby,

Merci à toi pour ton message.

C'est en effet difficile de faire la part entre "lucidité", "phase down" (en supposant que tu serais bipolaire, sinon cela n'a pas grand sens pour qualifier ton type de dépression et les phases qui la composent, à mon avis), ou l'absence d'alcool.

Un mélange des 3, peut-être.
Ou plutôt une conjonction terrible de ces 3 éléments à un moment donné (moment qui va-et-vient, comme tu le soulignes).

Si tu peux conserver un espoir réaliste dans le futur, c'est encore la meilleure option, à mon simple avis.

6/7 unités d'alcool par jour, oh oui....c'est un "équilibre du malheur", comme tu l'écris.

Et je crois que le bouleversement de cette parodie d'équilibre ne peut générer en conséquence qu'un autre bouleversement au niveau psychologique, que l'on soit en dépression ou pas.

Comment pourrait-il en être autrement ?

Car puisque l'alcool nous change, a changé nos vies, de manière plus moins radicale, et ce en fonction de nos durées d'alcoolisme, de nos âges, etc...son absence progressive, avant d'être totale, ne peut que transformer notre quotidien et notre rapport au temps, entre autres.

La "béquille", pour reprendre un terme dont je ne suis pas l'auteur et qui a souvent été employé sur le Forum pour qualifier le recours à l'alcool, vient à manquer. Et ce n'est pas rien d'apprendre à nouveau à marcher -quand c'est encore possible, ce n'est pas toujours le cas- sans béquilles.

Aussi, je ne crois pas que tu aies à te restreindre de dire, ou d'écrire plutôt, ce que tu traverses.
A ce sujet, je crois que chacun(e) fait comme il le peut, ou le sens, en fonction de son expérience ici.

Ces moments là, "noir(s)", sont des moments de ta réalité qui comme pour beaucoup d'autres personnes , je crois, n'est pas uniforme, n'est pas composé d'un seul bloc.

C'est heureux cependant que ce moment n'est pas trop duré et que tu aies ensuite pu profiter du soleil et te sentir bien avec les personnes que tu as côtoyés.

Enfin, je crois que tu as raison de ne pas augmenter ton dosage en Baclo, mais de ne pas le baisser pour autant, au risque de boire encore davantage.

A te lire.

Yann.


Au nord de nul part .
<br / Début Baclo le 12/1/16. Depuis le 12/10/17 dosage à 200 mg/jour + 10 mg le soir avant le coucher.
. 5 prises de 40 et 50 mg espacées de 2 heures. Indifférent à nouveau depuis le 03/11/2017. 120 mg depuis Septembre 2018. Adhésion faite.
 
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