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Mon histoire: la chute jusqu'à la rupture

Avatar de lechat_92
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  Lien vers ce message 21 Juillet 2019, 9:47
Bonjour à tous,
Ancien du forum avec peu d'intervention:Je vais poster ma (longue) histoire qui ne concerne pas uniquement le baclophène mais que j'ai utilisé comme introduction sur d'autres forum. Je rajouterai en fin de message mon expérience spécifique du baclo.....
Je suis donc malade alcooliques, 46 ans, marié (mais peut-être pas pour longtemps, j’y reviendrai, père de 2 enfants de 8 et 11 ans.

J’ai rencontré ma femme au lycée et le coup de foudre (pour moi) a été immédiat : même si cela a pris un peu de temps, nous sommes ensemble depuis presque 28 ans et marié depuis 19ans.
Durant cette période, nous avons vécu des moments extraordinaires, de bonheur et d’expériences (3 ans d’expatriation aux USA).
Puis, l’alcool qui avait toujours été présent depuis mes 20 ans mais de manières festives et irrégulières, s’est installé dans ma vie, je dirais depuis environ 14 ans. Au début maîtrisé, recherchant une douce ivresse, il est devenu petit à petit ma maitresse, buvant avant de rentrer du travail, cachant des bouteilles pour s’assurer d’en avoir «au cas où » et je suis devenu son esclave.

Après la naissance de nos enfants, la situation s’est détériorée progressivement. Mon épouse réalisant la situation, j’ai commencé à me « soigner » il y a environ 12 ans au travers d’un centre d’addictologie (en ambulatoire). Avec le recul, je pensais alors être sorti du déni, mais c’était certainement plutôt pour m’acheter une bonne conscience.
Bref, mon alcoolisation progresse tranquillement, je change de psychiatre pour tester de nouveaux (baclophène, mais je crois que j’ai dû tous les tester)
Ma femme reste pendant ce temps dans son soutient, tentant l’apitoiement, les discussions sur mon comportement et les risques (santé et familiales) que cela représente, la tendresse, l’écoute …. Bref une sorte d’abnégation dans l’espoir de (nous) sauver.

Mais malgré tous ses efforts (que lui reconnais maintenant) tout s’accélère ces 2 dernières années :
- Alcoolisation quotidienne de plus en plus importante (avec tout ce que cela comporte, oubli de nos discussions de la veille, absence morale, endormissement à 8H00 sur la canapé, désorganisation de la vie familiale …)
- Un mini burn-out qui me laisse seul à la maison (et la possibilité
- Une première alerte concrète l’été dernier avec 4 jours de chambre à part après plusieurs jours d’alcoolisation marquée
- Puis nouvel épisode dépressif (avec menace de suicide) qui la conduit à mettre en place ma première cure (que j’accepte en étant volontaire).

Je ressors plein de confiance (mon psy parlerait de certitude), 2 mois d’abstinence (avec quand même de son côté une certaine pression pour que je devienne «un homme parfait ») et un nouveau boulot.

Et puis, rechute progressive en fin d’année dernière …. Pourquoi ? Je ne sais pas vraiment, le stress d’un nouveau boulot, la reprise de la vie familiale avec ses réalités quotidiennes, l’envie de retester ….

Bref, tout cela conduit à des menaces de séparation (temporaire) en Janvier, une semaine d’abstinence (dure physiquement), puis alcoolisation quotidienne, de plus en plus tôt et importante, des problèmes de stress lié au travail (en journée, je bois et la nuit je pense au travail) qui conduit à une rupture de ma période d’essai.
Un bon mois à la maison qui plutôt que de m’aider à me reconstruire me détruit par culpabilité d’avoir échoué qui me conduit à l’épisode « choc » :
- 3 jours d’alcoolisation 24/24
- 1 BBQ avec les voisins où je me pointe avec 3 heures de retard et défoncé
- 1 accrochage en voiture (sur un panneau de signalisation) alors que je ramène ma fille et une copine de la piscine. Me sentant coupable et paniqué, je demande à ma fille alors de mentir et de ne pas en parler à maman
- Et le Mercredi, une chute avec ma fille présente qui m’assoit dans le canapé en attendant l’arrivée de Maman. Résultat : appelle des pompiers, luxation de l’épaule, urgences …..
Et puis, passage des urgences au service hépato (ma femme ne se sentait pas capable de me garder à la maison) 5j pour sevrage et retour direct en clinique pour une nouvelle cure (où je me trouve encore).
L’histoire ne se termine pas là :
- Je recommence mon travail de sevrage et psy pour avancer sur les causes profondes
- Je sens ma femme plus distante (moins d’appels, peu de visites)
- Tous les plans de vacances forcément remis en question

Et l’apothéose, le coup de massue : ma femme m’annonce qu’elle me quitte et qu’elle veut qu’on se sépare à la rentrée …..
Elle est au bout du rouleau, prête à craquer (et on a quand même 2 enfants), elle doit se protéger et protéger nos enfants de moi. Elle ne supporte plus mes mensonges sur mes alcoolisations
Je précise à ce stade que je n’ai jamais violent (j’ai pris quelques baffes mais jamais répliqué) et toujours gentil et agréable avec les enfants ….
On continue tout de même de communiquer régulièrement et m’explique sa vie de ces dernières années. La bulle protectrice de l’alcool éclate et je me retrouve face à la réalité : toutes ses initiatives, mains tendues que je n’ai pas su saisir, vie gâché, enfants délaissés …. Bref, de belles claques qui font mal mais me permettent de réaliser la « véritable » situation, et le gâchi que j’ai provoqué…
En résumé :
- Je suis en clinique
- Ma femme me quitte et je dois me trouver un appart à la rentrée
- J’ai perdu des années de complicité avec mes enfants
- Je vais pointer au chômage
Pour être Franc, j’ai du mal à accepter cette situation et la vit mal : je suis toujours amoureux de ma femme et souhaite qu’on puisse se réconcilier, et je ne sais pas trop comment recréer du lien avec mes enfants (pour le travail ça passe au second plan…).
Ma femme a une forte personnalité et même si j’espère le contraire ne reviendra pas sur sa décision : même si on ne parle pas de divorce, il ne s’agit pas pour elle d’une rupture temporaire de quelques mois. Elle a perdu confiance en moi, et ne se voit pas me confier les enfants pour le moment. Elle me dit aussi ne plus m’aimer (même si elle reste inquiète pour moi), que quelque chose s’est cassé …..
Et moi, je reste quelque part dans le déni en imaginant que tout va s’arranger à plus ou moins long terme. Tout s’écroule brutalement, je n’ai plus aucun repère et ne me projette que dans l’incertitude….
Il y aurait encore beaucoup de choses à raconter mais pour une introduction, ça me semble déjà pas mal :fsb2_yes:


P.S: Expérience baclophène
En ce qui concerne mon expérience du baclo, elle a commencé vers 2014 je dirai ....
A l'époque j'étais suivi dans un centre d'addicto avec un traitement "classique" (antidepresseur + Valium à la demande). Vers 2014, j'ai décidé d'essayer le baclophène, on commençait à en parler, et j'ai pu trouver (grâce au forum) un prescripteur.
Je suis monté progressivement jusqu'à 240, plutôt centré sur des prises l'après-midi (à l'époque mon craving ne commençait que vers 17H). Sans arrêter définitivement, l'effet était plutôt positif (50cl de vin par jour, sans effet de manque ou de besoin) et sans effets secondaires notables.
Mon prescripteur est parti à la retraite, et j'ai du trouver un nouveau psychiatre, qui lui était plutôt réticent à dépasser les 200: j'ai donc tourné autour de 160-180 pendant quelques années. Résultat: alcoolisation quotidienne, mais toujours plus ou moins contrôlée (2 à 3 bières fortes à 12° par jour, jamais en journée que le soir).
Puis, est survenu les recommandations sanitaires, avec limitation à 80/j. Mon prescripteur étant réticent à aller contre, il donc décidé de me diminuer progressivement jusqu'à 80: PLus d'effet notable.
On a alors tenté d'autres molécules (AOTAL, Selincro) mais à part des ES important du Selincro (Insomnie) aucun impact sur ma consommation ...
Cette dernière année, j'étais en contact avec un CSPASA, et le psychatre a accepté de remettre après quelques mois sous balcophène jusqu'à 80mg à la date de mon accident, ce qui, à la vue des ma consommation ces derniers mois n'a eu aucun effet ...
Aujourd'hui en cure, je continue à prendre 80/j de baclo (avec Prozac): j'ai décidé et demandé en début de cure d'arrêter tout (surtout Prozac que je prends depuis plus d'un an). Le psychiatre du centre s'est montré réticent, et préférait consulter ma psy du centre avant toute prise de descision (ce qui, après plus d'un mois de cure, n'a toujours pas été fait ....)
Je sors dans 10j (avec à peu prêt 2 mois d'abstinence), je dois revoir le psychiatre du centre pour faire un point avant mon départ en vacances, mais je reste dans l'idée d'un arrêt du baclo: l'abstinence totale me reste la seule option (je ne veux pas retomber dans le piège du "je retente un peu et je contrôle), surtout si je veux essayer de sauver ce qui reste de ma famille ...
 
Avatar de Baclofun
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  Lien vers ce message 22 Juillet 2019, 12:57
:fsb2_smile: Bonjour lechat.

Je n' ai aucune compétence pour te donner le moindre conseil. Ni sur l' utilisation du Baclo, ni pour ta vie.

Cela étant dit, ton post m' a beaucoup émue (passée par là, moi aussi, les enjeux en relation avec la famille - d' ailleurs je suis toujours aux prises avec ça -*-), et c' est pour cette raison que je te rejoins sur ton fil.

D' autres viendront et te donneront des pistes, des conseils.
Ne pense pas que ton message est tombé "dans les tuyaux". C' est juste qu' en cette période, certain(e)s interviennent un peu moins.

Bon retour ici.

L' "esclavage", le "piège". C' est éloquent, ça parle, sur ce Forum.

Deux mois d' abstinence, c' est un bon nettoyage, de la mémoire de l' alcool, je crois.

Dans 8 jours, quand tu sortiras de cure, il me semble que le Baclofène t' aiderait puissamment.

Notamment, justement, il agirait d' autant mieux que tu as fait un long break sur ta consommation. Sans consommation, il est bien plus fort. Quand tu étais sur le Forum, précédemment (quand ? un autre pseudo ?), peut-être que c' est une donnée que personne n' avait. Les connaissances ont beaucoup évolué.

Vite dit, le Baclofène te permettrait de rester sur la vague de l' absence de consommation d' alcool. Il me semble.
Ne tire pas un trait sur le Baclofène. Face aux lourdes difficultés qui sont là, il te serait d' un grand soutien. Tu flipperais beaucoup moins et tu serais bien moins en danger vis-à-vis d' une "rechute", et de l' entière responsabilité personnelle de ne pas reprendre une consommation d' alcool.

Bah, au final, je t' en fais, des recommandations . . . sous réserve de conseils éclairés, qui vont t' être adressés.

Baclofun


-*- vu l' âge de tes enfants, tu es jeune. Ce n' est pas mon cas; j' ai bousillé ma vie de famille, ma vie, tout court. Ce n' est que ma propre expérience. J' en connais de différentes, qui sont exactement dans ton "profil". Le Baclofène t' aiderait à te porter. Réfléchis.


Baclo depuis 02/12 - 3 séquences de guérison: 4 mois, 8 mois, et depuis le 20/01/15,
à l' issue d' une remontée jusqu'à 310 mg, à partir de 150 mg début 09/14.
Au 30/06/15: 240 mg en 5 prises, de 09h00 à 17h00 - Descente (EI) à 190 mg en 7 prises de 06h00 à 18h00 depuis le 20/07/15.
Echecs 2012 et 2014 dûs à descentes trop rapides et/ou importantes.
 
Avatar de Athelstan
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  Lien vers ce message 22 Juillet 2019, 18:09
en effet c'est maintenant qu il te faudrait du baclo! et surtout si tu veux rester dans l'abstinence, il y a d'autres moyens pour se tester que de boire un verre! lorsque l'on sort de cure c'est là que les choses se compliquent et que les envies reviennent. par exemple si tu passes dans un rayon d'alcool est ce que tu as des envies? Si tu te retrouve en face de quelqu'un qui boit as tu envie de boire. Au contraire tu pourrais enfin couper toutes ces envies demandes a sylvie si elle connait un médecin prescripteur pour ta sortie si ça se trouve tu n'auras pas monter bien haut en effet le baclo fait beaucoup plus effet si on ne consomme pas. Chose presque impossible quand on est dans la spirale de l'alcool...


sous baclo depuis 2015 (première indifférence à 180) perdu puis retrouvé l'indifférence à 210 (07/18) descente entamée... à 140 aujourd'hui
 
Hors ligne nic Masculin
Avatar de nic
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  Lien vers ce message 22 Juillet 2019, 19:58
bonsoir lechat, biensur qu il faut reprendre le baclo, pas evident avec ces pu .ains de limite a 80mg, j espere que sylvie pourra t aider a trouver 1 prescripteur
peut etre l esperal pourrait aussi t aider dans l abstinence, associé au baclo, mais bon.
tout n est peut etre pas foutu avec ta femme, mais il est normal qu elle pense a proteger ses enfants, j en sais qq chose, quand on boit ,on se rappelle plu trop
les mots de travers, les attitudes , meme si on est pas violent ,on est pas nous meme, et ca se voit
bon courage
 
Avatar de lechat_92
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  Lien vers ce message 22 Juillet 2019, 20:33
Bonsoir à tous,

Merci pour vos retours et encouragements.

Je suis persuadé que le baclo peut-être efficace (encore faut-il le dompter ;) ).

Le problème est effectivement plus psychologique et même si les prochaines semaines post-cure seront certainement contrôlable, quand je vais me retrouver seul dans mon studio, sans mes enfants et ma femme, ne sachant pas et dans quelles conditions les voir, je sais que ça va être très difficile à contrôler ...

Actuellement, le plus dur, c'est le réveil, le constat des dégats et leurs conséquences .... mais on doit toujours payer ses erreurs à un moment ou un autre.

Même si la priorité reste ma rémission/reconstruction et mes enfants, est-ce que certains d'entre vous on déjà eu la "possibilité" de recoller les morceaux et de reconstruire une famille ?

Merci,

Et bonne 24h
 
Avatar de Baclofun
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  Lien vers ce message 22 Juillet 2019, 21:48
Ciao, lechat,
Le baclofène n est pas un tigre. Inutile de penser à le "dompter". Soit, il peut être difficile à apprivoiser. Ce n' est pas simple, pour lui non plus . . .
Evidemment, que certains ont pu re-bâtir leur maison ! Peut-être qu' ils y sont, et plus ici.
Bonne fin de séjour. Et, à un de ces jours ? Un chat retombe toujours sur ses pattes ! ! ! :fsb2_smile:


Baclo depuis 02/12 - 3 séquences de guérison: 4 mois, 8 mois, et depuis le 20/01/15,
à l' issue d' une remontée jusqu'à 310 mg, à partir de 150 mg début 09/14.
Au 30/06/15: 240 mg en 5 prises, de 09h00 à 17h00 - Descente (EI) à 190 mg en 7 prises de 06h00 à 18h00 depuis le 20/07/15.
Echecs 2012 et 2014 dûs à descentes trop rapides et/ou importantes.
 
Hors ligne nic Masculin
Avatar de nic
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  Lien vers ce message 23 Juillet 2019, 18:43
salut lechat, comment vas tu?
 
Administrateur
Avatar de Sylvie
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  Lien vers ce message 23 Juillet 2019, 21:35
Bonjour

Il me semble évident qu'il faut que tu gardes le baclofène même si ton but est de rester abstinent
Il peut te protéger d'une rechute
Certains ne peuvent en effet pas se permettre de boire,mais l'abstinence sous baclofène est bien plus supportable que sans rien

Concernant ta famille, je ne sais pas si tu retrouveras ta femme
Mais tu peux construire quelque chose avec tes enfants

De toute façon, il faut absolument que tu règles ton pb d'alcool, et le baclofène peut t'y aider
Redonne moi en message privé tes coordonnées (ville proche de ton lieu de résidence)
Je regarderai si je connais un médecin pas trop loin de chez toi
Message édité 1 fois, dernière édition par Sylvie, 23 Juillet 2019, 21:36  

Merci mille fois à celui qui a eu la générosité de partager sa découverte avec nous ...

Il faut que nous soyons nombreux : Adhérez

A lire pour comprendre ce qu'est le baclofène.
Notre livre Baclofène la fin de notre addiction, les alcooliques ne sont plus anonymes ....
 
Avatar de lechat_92
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  Lien vers ce message 24 Juillet 2019, 11:14
salut lechat, comment vas tu?


Petite forme ce matin ...

Hier après avoir vu mon psychiatre et parler de ma sortie de cure, il me suggère de partir en permission tout le week-end (pour le moment, ça ne m'est jamais arrivé) pour me préparer au "choc" de ma sortie.
Je lui rappelle mon contexte actuel, la séparation avec ma femme, et lui dit que ça risque de na pas être évident....
Donc hier soir, j'appelle ma femme, après un échange assez long où on parle de banalités (nouvelles de mes enfants chez mes parents, nouvelles de mes examens de santé, les choses que j'ai prévu après la cure ....), j'en arrive à évoquer le sujet du week-end à la maison.
Elle est surprise, OK (la maison m'appartient aussi après tout) mais ne veut pas du tout passé le week-end avec moi et donc partira et me laissera la maison. (et je me débrouille pour le transport)...
Evidemment, ce n'est pas la réponse que j'attendais au fond de moi, mais en réalité à quoi d'autres pouvais-je m'attendre? Elle m'a annoncé il y un mois environ qu'elle voulait qu'on se sépare, qu'elle ne m'aimait plus (n'éprouvait plus de sentiment amoureux), appréhende les 4 jours qu'on va passer ensemble à la maison la semaine prochaine (dont 1 soir tous les 2 et l'annonce à ma fille de notre séparation).

Bref, je reste dans le déni de la réalité, déni de notre séparation qui est pour elle actée. Je comprends son attitude et sa réaction mais je n'arrive pas à l'accepter (il parait que c'est normal) et reste dans l'espoir.
On parle d'autres sujets sur le plus long terme: On a 2 maisons, une qu'on habite et qu'on a fini de payer, et celle de la voisine qui est en travaux depuis 2 mois. Avant l'épisode de la chute, on avait commencé le projet de rénovation, on avait même été voir les cuisines ensemble 15j avant mon passage aux urgences ..... Son objectif à terme est de vendre la maison actuelle, rembourser la plus grosse partie du prêt et déménager avec les enfants dans la maison d'à côté ....

Bref, ce matin au réveil, je me reprends une bonne petite claque de réalité sur les fesses.... Résultat: j'essaye de partir courir pour faire mes 10kms, et je m'arrête au bout de 30 mins. Plus d'énergie, plus de gaz, la tête pleine de pensées et d'émotions, je suis incapable de continuer.
Et très honnêtement, si j'avais été chez moi à l’extérieur, l'idée de courir à la première épicerie m'a vraiment traversé la tête, et j'aurai certainement craqué (comme quoi ça a du bon d'être en cure ....).
C'est là que je réalise à quel point dans la vie de demain, seul dans mon studio, les tentations/raison/excuses vont être présentent !! Au moins, j'en suis conscient ...

Sur ce, bonne journée à tous
 
Hors ligne nic Masculin
Avatar de nic
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  Lien vers ce message 24 Juillet 2019, 15:50
salut, l idee du week end << a la maison>> c est moyen, pour toi ca va etre dur, et pour elle ( obligée de partir) mais tu es seul juge, meme si j imagine que tu trepignes d impatience :fsb2_yes:
j espere que sylvie t a trouvé 1 prescripteur, car c est bien par là qu il faut commencer
bon courage, a plus
 
Avatar de Lointain
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  Lien vers ce message 24 Juillet 2019, 16:35
Salut Lechat,

Je suis bien désolé de ce que tu vis actuellement.

Malgré que je n'ai pas d'enfant, et que je sois indifférent à l'alcool par le Baclo, ton histoire me rappelle beaucoup la mienne.

Cependant, je n'ai pas été dans le déni pour ma séparation il y a plus de deux années, parce qu'il n'y avait aucun espoir d'un retour en arrière quant à la décision de mon ex-compagne.

Je comprends néanmoins que tu puisses encore espérer à ce sujet, mais, comme tu le sais bien sûr, c'est très dangereux.

Aussi, à mon simple avis, ce week-end seul est très risqué, tant l'alcool, comme tu nous le dit, t'attires toujours - ce qui se comprend étant donné la situation que tu vis.

Peut-être devrait tu rester là où tu es plutôt que t'embarquer dans la solitude de ce week-end ?

A te lire.

Yann.
Message édité 1 fois, dernière édition par Lointain, 24 Juillet 2019, 16:39  

Au nord de nul part .
<br / Début Baclo le 12/1/16. Depuis le 12/10/17 dosage à 200 mg/jour + 10 mg le soir avant le coucher.
. 5 prises de 40 et 50 mg espacées de 2 heures. Indifférent à nouveau depuis le 03/11/2017. 120 mg depuis Septembre 2018. Adhésion faite.
 
Avatar de talis
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  Lien vers ce message 24 Juillet 2019, 17:47
lors de ma cure, des "collègues" préféraient rester effectivement au centre car ils étaient surs de craquer.

ce n'est pas un sentiment d'échec qui doit être ressenti, mais une preuve de sagesse et d'une belle prise de conscience de ses sensations.

.


début 26/04/17 - 130 mg (maxi 290) / 07h : 40 - 12h : 40 - 16h : 50

AD et anxio
adhérent 2019
 
Avatar de lechat_92
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  Lien vers ce message 24 Juillet 2019, 18:06
Merci pour vos messages !

J'ai pris ma décision, je n'irai pas en permission ce WE dans ces conditions: Me retrouver seul, sans enfants, dans ma maison que je n'ai pas revue depuis plus d'un mois c'est tout sauf une bonne idée, il y a toutes les chances que je craque !

En même temps, je suis vraiment naïf, à quoi je m'attendais comme réaction de sa part ? Qu'elle saute de joie ?
Je ne pensais pas à une récupération et qu'elle dorme dans le même lit que moi, peut-être juste de passer un peu de temps ensemble et de discuter en face à face ....

Ce qu'on peut être con des fois .....
 
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Avatar de Sylvie
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  Lien vers ce message 24 Juillet 2019, 19:41
Tu as pris une sage décision
Et pour ta femme, de toute façon, il faut que tu sois patient
Je ne sais pas si votre histoire pourra s'arranger,mais il est bien trop tôt pour espérer pouvoir te rapprocher d'elle

Je pense qu'avant tout, il faudra que tu lui montres que tu sais arriver à te tenir loin de l'alcool


Merci mille fois à celui qui a eu la générosité de partager sa découverte avec nous ...

Il faut que nous soyons nombreux : Adhérez

A lire pour comprendre ce qu'est le baclofène.
Notre livre Baclofène la fin de notre addiction, les alcooliques ne sont plus anonymes ....
 
Avatar de Lointain
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  Lien vers ce message 24 Juillet 2019, 19:45
Lechat,

Je rejoins Talis pour saluer ta sage décision. :fsb2_yeah: ; car sans être trop défaitiste, il y a de larges changes que tu "craques", dans ta maison, comme tu l'écris, alors autant t'éviter ça.

Tu en as déjà bien assez à "digérer" et à accepter, même si c'est extrêmement douloureux.
Je parle d'expérience.

J'espère que tu vas pouvoir reprendre le Baclo, être aussi bien suivi au niveau psy, pour parvenir à ne plus boire.

J'espère que tu ne passeras pas une trop mauvaise soirée...

Bon courage à toi en tous cas.

Yann.


Au nord de nul part .
<br / Début Baclo le 12/1/16. Depuis le 12/10/17 dosage à 200 mg/jour + 10 mg le soir avant le coucher.
. 5 prises de 40 et 50 mg espacées de 2 heures. Indifférent à nouveau depuis le 03/11/2017. 120 mg depuis Septembre 2018. Adhésion faite.
 
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  Lien vers ce message 24 Juillet 2019, 20:04
courage pour la suite, et bon retour au baclo , qui te permettait de ne boire que 50CL de vin par jour
salut
nic
 
Avatar de lechat_92
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  Lien vers ce message 07 Aout 2019, 15:29
Bonjour,

je remonte un peu mon post.

Je suis sorti de cure le 30/07 et j'ai passé les 3 mois d'abstinence (un peu forcé, mais bon ...).

Après ma sortie, j'ai retrouvé ma maison et mon épouse (ainsi que mon canapé pour dormir ....): l'accueil a été glacial, les premières soirées en tête à tête pas évidentes avec des discussions qui tournent en rond (elle ferme sur sa position, moi cherchant à renouer).

On a récupéré les enfants, ça a apaisé un peu la tension: des sourires, des blagues, j'ai retrouvé une certaine complicité avec mes enfants, bref presque une vie normale (sauf que je dors dans le canapé ...).

J'ai aussi pris mes enfants à part, et j'ai voulu rediscuter avec eux de mon départ en ambulance, s'ils avaient eu peur, inquiétude .... on a discuté de mon comportement ces derniers mois, je leurs ai présenté mes excuses et demander de me pardonner: pardon accepter ! Mon fils m'a demandé s'ils pouvaient m'aider, je leurs ai dit que non, que seul moi pouvait faire quelque chose mais je les remerciât mais j'étais le seul responsable et capable de guérir. Mon fils a ajouté "j'ai confiance en toi".

Avec mon épouse, pas d'amélioration: ce que j'ai pris pour des éléments positifs, ne l'était pas et elle n'a absolument pas changé de position.
Elle ne m'aime plus et n'a plus d'attirance pour moi, elle veut qu'on se sépare, pas de break. Dans le même temps, elle ne parle toujours pas de divorce, n'a pas engagé de procédure,et on s'est mis d'accord pour que je continue financièrement à aider la famille.
Elle me dit aussi que c'est dur pour elle, qu'elle ne cherche à me faire du mal, que je suis quelqu'un d’exceptionnel.

Bref, Lundi elle est partie en vacances avec les enfants, moi je suis parti de mon côté chez mes parents au bord de la mer, leurs annoncer la nouvelle, et j'ai aussi tout déballé concernant mon alcoolisme dans les moindres détails.

Je vis toujours dans la déprime, alternant les moments positifs de réconciliation futur, de réalisme sous forme de divorce.

Mais ça fait une semaine que je suis sorti de la cure, et pas de rechute: j'ai bien eu quelques envies, mais je me rappelle dans ce cas les paroles de mon fils...

Niveau baclo, j'ai vu ma psychiatre: on reste à 80 et on ré-évalue à la rentrée.
J'ai aussi quelques examens médicaux à faire (coloscopie, IRM, re prise de sang même si me gamma GT sont de retour dans la norme): je souhaite une vrai reprise en main de ma santé !!

Bonne journée à tous
 
Avatar de Corinne D.
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  Lien vers ce message 09 Aout 2019, 9:03
Je te souhaite bonne journée lechat.

Félicitations pour la cure !

Comment ça se passe avec les 80 mg de baclofene ?



Plein de courage à toi !


La guérison s'installe et se construit dans le temps.
 
Avatar de PascAlbéric
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  Lien vers ce message 09 Aout 2019, 22:34
Salut LeChat,

J'ai parcouru assez vite ce fil, et il me ressort deux choses :

1) Il me semble que tu te sentes coupable d'être alcoolique, que tu n'a pas assimilé cela comme une maladie, au moins guérissable chimiquement (comme avec le baclofène)
2) Dans la suite de cette réflexion - mais je ne sais pas quels âges ont tes enfants - il ne faut pas sous-estimer leur force et leur clairvoyance. Le traitement par le baclofène est plus efficace quand on a un soutien familial et communautaire (ici ou sur FB) Alors non, je ne suis pas tellement d'accord avec « que seul moi pouvait faire quelque chose mais je les remerciât mais j'étais le seul responsable et capable de guérir. »

Je ne vois pas l'intérêt d'arrêter le baclo. être indifférent te permettra d'être en libre choix non-consommateur. L'abstinence... t'auras bien une envie un jour ou l'autre, non ? J'ai vu dans des réunion AA des personnes se déclarant abstinentes heureuses, mais avoir eu une semaine difficile...


À ton service,
Pascal


Comment prendre le baclo ?
https://www.baclofene.com/index.php?p=download&nocount&id=9847
 
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  Lien vers ce message 10 Aout 2019, 0:15
Salut Lechat,

Félicitations d'abord pour la réussite de ta cure. :fsb2_yeah: .

Tu parais confiant dans ton aptitude à rester abstinent, d'autant avec le soutien de tes enfants, qui te renvoient en miroir la responsabilité de tenir ton engagement envers eux.

D'une certaine façon, cet engagement envers eux est celui que tu passes avec toi-même.

Parler comme tu l'as fait à tes enfants, tout en étant le meilleur des choix, est aussi une action qui nécessite beaucoup de courage et d'humilité - du moins est-ce mon avis.

J'en suis très admiratif, d'autant dans la situation de vie que tu commences de vivre et de traverser.

En ce sens, à mon avis, tu fais vraiment bien de conserver ce dosage minimal de 80 mg de baclo, quittes à réajuster à la hausse ce dosage en cas de rechute éventuelle - si ta psychiatre y consent, ce que j'espère pour toi.

Tu le sais au même titre que nous tous ici, et même davantage vu que tu trouves au coeur de l'action à ce sujet : le plus difficile après une cure de sevrage dans un établissement fermé n'est pas dans la première semaine après la sortie, ni durant les semaines suivantes, mais au moins durant les 6 premiers mois.

J'imagine cependant que tu as du peut-être déjà y penser, ou que tu as pu en discuter avec ton addictologue, bien que je conçoive aussi que tu doives en même temps avancer à petits pas sans alcool, chaque jour, tout en digérant, supportant, vivant, au quotidien, cette séparation d'avec ton épouse.

Malgré que je n'ai pas d'enfants, comme je te l'avais écrit précédemment, ton histoire me rappelle la mienne, car j'ai vécu une séparation très dure et très douloureuse.

Je sais qu'il ne faut pas confondre l'histoire de chacun.
D'autant que j'ignore à quel point vous avez pu vous aimer.

Néanmoins, votre séparation ne fait que commencer.

A ce moment, il est souvent dit des phrases qui, pour être sincères lorsqu'elles sont prononcées, sont aussi des phrases de circonstances.

J'ai entendu les mêmes mots que toi; ces mots que tu nous rapportes ici.
Et je ne pense évidemment pas être le seul à avoir entendu ces mots au début d'une séparation - ceci vaut pour un homme ou une femme qui vit une séparation.

Sans envisager une inéluctable dégradation de vos rapports par la suite, je me permets donc de t'inviter à la plus grande des prudences durant les semaines et mois qui viennent quant à la réception des phrases que ton épouse pourra t'adresser, même si celles-ci sont positives à ton égard.

Pardonnes l'éventuelle brutalité de mon propos, mais en tant qu'alcoolo-dépendant, tu demeures sur la "sellette" et un écart, un accident malheureux, pourrait faire basculer vos rapports jusqu'ici plutôt bons.

Excuse moi encore si mon propos te parait déplacé. Je me suis permis de te l'exprimer en fonction de ton oscillation entre ton désir d'une "future réconciliation" et le douloureux sentiment qui te fait plutôt voir "le réalisme sous forme de divorce".

Car, dans cette fragilité émotionnelle que tu traverses, les mots que l'on reçoit de l'être aimé, qu'ils soient positifs ou négatifs, sont - je le crois- très dangereux, et il est donc très préférable de ne pas y attacher provisoirement trop d'importance, ce qui est toujours loin d'être facile.

A te lire si tu le veux.

Je te souhaite un week-end bien sûr sans alcool, mais aussi sans trop de souffrances pour ton coeur.

Prends bien soin de toi, et ménages toi tant que tu le peux.

Yann.
Message édité 4 fois, dernière édition par Lointain, 10 Aout 2019, 1:51  

Au nord de nul part .
<br / Début Baclo le 12/1/16. Depuis le 12/10/17 dosage à 200 mg/jour + 10 mg le soir avant le coucher.
. 5 prises de 40 et 50 mg espacées de 2 heures. Indifférent à nouveau depuis le 03/11/2017. 120 mg depuis Septembre 2018. Adhésion faite.
 
Avatar de lechat_92
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  Lien vers ce message 10 Aout 2019, 22:52
Bonsoir Yann,

Merci pour ton message et soutient !
D'abord, il n'y a pas de soucis à être direct, et la brutalité (relative) ne me gêne pas au contraire: j'ai trop longtemps fait l'autruche ou cacher mon état pour ne plus vouloir maintenant le faire.
J'ai commencé dès à présent: je suis en vacances chez mes parents et je leurs ai tout raconté de mon histoire d'alcoolique depuis ce 10 dernières années, dans les moindre détails, sans fausse pudeur, et ça m'a fait un bien fou (à mon père aussi, il m'a dit qu'il me trouvait changé et que c'est la première fois depuis longtemps qu'il pensait que j'étais honnête avec lui).

J'ai repris un peu le début de ton fil, mais comme tu es beaucoup plus ancien que moi sur le forum, j'avoue que je n'ai pas tout lu ;) ...
Néanmoins, je crois que toi aussi tu es passé par une séparation douloureuse.

Pour revenir à mon histoire avec ma femme, on s'est rencontré la première fois je devais avoir 15 ans: elle était dans le même classe que moi et ça a été pour moi le coup de foudre instantané ! Il m'a fallu un peu de temps pour la séduire (à l'époque elle avait un copain) mais finalement, en terminal, nous nous sommes embrassés (en Décembre) et depuis ce moment, nous sommes restés ensemble, à une exception: elle m'a quitté en 1994, elle avait l'impression d'étouffer, que j'étais trop possessif et jaloux...
Je l'ai re-séduite 6 mois plus tard, et comme pendant ce temps j'avais fait le choix de partir 1 an à l'étranger, nous nous sommes séparés géographiquement. Néanmoins, même pendant cette année nous sommes restés très proches, on s'écrivait (il n'y avait pas internet à l'époque :fsb2_yes: ) ou on s'appelait très régulièrement (avec des cartes téléphoniques), elle est venu me retrouver pendant les vacances de noël ... bref, chacun a fait un peu ce qu'il voulait, mais je pense pouvoir sire que nous étions toujours amoureux l'un de l'autre.
A mon retour, j'avais entre une école assez renommer à Lyon ou une moins connue à Paris: j'ai choisi celle de Paris, car cela me permettais de rester près d'elle, et je ne le regrette pas.
La suite (post 1996) s'est passé tranquillement, sans accroc: elle a un fort caractère, impétueux et colérique parfois et moi je suis plutôt zen, à prendre sur moi ... 2 caractères relativement opposés mais qui au final s'attirent (comme des aimants).
Je passe vite sur la suite: installation, expatriation aux USA (ma femme a eu une opportunité, j'ai laissé mon boulot en France pour la suivre et on a eu une super expérience), retour en France, installation, Bébé (mon fils, il y a 13 ans), achat d'une maison en banlieue, 2ème enfant (ma fille, 8 ans), une bonne situation pour moi (même si j'ai plusieurs fois de boîtes), et l'année dernière, achat de la maison voisine (plus grande) pour faire déménager toute la famille.....

Bref, tout pour être heureux .... mais il y a eu cette maudite boisson qui a tout détruit....
Je bois régulièrement depuis 10 ans, avec des hauts et des bas, mais depuis environ 2 ans, elle me tient à bout de bras, elle a tout tenté pur me soutenir, toutes les formes (compassion, menace, amour, tendresse ....), mais depuis 1 an et ma première cure, elle s'est fatiguée, ce que je comprends, jusqu'au dernier épisode où elle a craqué (début Juin), elle me dit que quelque chose s'est cassé, qu'elle ne m'aime plus et qu'elle n'a plus d'attirance pour moi...
Et moi je constate, j'ouvre les yeux sur la réalité de la vie que je lui ai proposé ces dernières années, la bulle éclate ....
Ca me laisse un sentiment d'amertume, parce que cette homme qu'elle rejette, ce n'est pas ma vrai personne...
Je comprends et j'ai lu qu'au fil du temps les sentiments peuvent s'estomper, mais je ne l'ai pas vu les mois précédents ma cure: on était encore en train de parler de notre prochaine cuisine, des travaux, du déménagement et notre vie intime continuait et était satisfaisante pour l'un comme pour l'autre (même si en tant qu'homme, j'étais toujours plus demandeur :fsb2_no: ).

Je sais que la séparation va être difficile, d'autant que je n'arrive pas ou que je me refuse à l'accepter....
J'essaye ou j'évite de relier ma "guérison" au sort de mon couple, car cela pourrait m'amener à de grandes déceptions .... mais c'est plus facile à dire qu'à faire.
J'ai conscience qu'il me reste un paquet d'épreuve à affronter (la recherche d'appart, la visite des enfants, la séparation de nos biens ...) et que le risque est grand que je retrouve dans l'alcool un ami démoniaque. comme tu le fait remarquer, durant cette période, nos communications vont prêter à confusion, dans un sens comme dans l'autre.
Etant d'une forte personnalité, elle prononcera certainement des choses qui vont me faire mal ou que je ne voudrai pas entendre. De mon côté, j'ai tendance à interpréter chaque signal positif comme une éventuelle réconciliation ....donc ça va être dur pour moi ;)
De plus, les enfants changent pas mal la donne, car on va être amené à se revoir régulièrement, donc l'attitude pour moi risque d'être ambigu.

Mais il y a une chose dont je suis sur (au moins aujourd'hui), c'est que l'alcool ne m'aidera pas, quelque soit le déroulement final.

Je vais continuer à me reposer chez mes parents encore une dizaine de jours, essayer d'être honnête au maximum avec mes proches et moi-même, et en restant vigilant.
Ma santé et mon équilibre passe avant tout, et cela doit pour moi, être synonyme de sobriété, assumée.

Au plaisir d'échanger de nouveau,

Thierry
 
Avatar de lechat_92
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  Lien vers ce message 10 Aout 2019, 22:58
Je te souhaite bonne journée lechat.

Félicitations pour la cure !

Comment ça se passe avec les 80 mg de baclofene ?



Plein de courage à toi !


Bonsoir,

Merci pour ton message.
Pour le moment ça se passe bien, pas de craving, quelques pensées fugaces pour l'alcool, mais pas de passage à l'acte: je prends le baclophène comme une aide à maintenir mon abstinence, je ne veux surtout pas tenter de maîtriser ma consommation, j'ai trop perdu en essayant de le faire, je m'avoue vaincu.

Le moral est très oscillant, c'est certainement le signe de la dépression post séparation.

Pour l'instant, je n'ai toujours pas consommé d'alcool, et j'avoue que je me sens mieux physiquement et mentalement.

Bonne soirée
 
Avatar de lechat_92
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  Lien vers ce message 10 Aout 2019, 23:23
Salut LeChat,

J'ai parcouru assez vite ce fil, et il me ressort deux choses :

1) Il me semble que tu te sentes coupable d'être alcoolique, que tu n'a pas assimilé cela comme une maladie, au moins guérissable chimiquement (comme avec le baclofène)
2) Dans la suite de cette réflexion - mais je ne sais pas quels âges ont tes enfants - il ne faut pas sous-estimer leur force et leur clairvoyance. Le traitement par le baclofène est plus efficace quand on a un soutien familial et communautaire (ici ou sur FB) Alors non, je ne suis pas tellement d'accord avec « que seul moi pouvait faire quelque chose mais je les remerciât mais j'étais le seul responsable et capable de guérir. »

Je ne vois pas l'intérêt d'arrêter le baclo. être indifférent te permettra d'être en libre choix non-consommateur. L'abstinence... t'auras bien une envie un jour ou l'autre, non ? J'ai vu dans des réunion AA des personnes se déclarant abstinentes heureuses, mais avoir eu une semaine difficile...


À ton service,
Pascal

Bonsoir,

Merci de ta réponse
1) Je considère bien l'alcoolisme comme une maladie (ou plutôt une allergie) et je ne me sens pas coupable d'être alcoolique, mais plutôt coupable des dégâts que j'ai provoqué et que je ne peux que constatés aujourd'hui, c'est la réalité. C'est dur, mais je ne souhaite pas m'abriter derrière mon alcoolisme pour fuir ma responsabilité: je l'ai fait trop longtemps en buvant...
2)Ce que je voulais dire, c'est que je ne veux associer mes enfants à ma guérison. Si j'échoue, je ne veux pas qu'ils se sentent responsable de mon état et qu'ils se reprochent des choses, c'est mon problème (mais indirectement et par rebond le leurs... c'est vrai). Néanmoins, bien sur j'ai besoin d'eux, ils me manquent et que j'aspire plus que tout à revivre une vie de famille "normale". Ce serait certainement plus simple et plus facile pour moi. Mais je dois essayer d'accepter le choix que je comprends, de mon épouse, ne serait-ce que par respect de la personne qui m'a soutenu et aidé toutes ces années.

Concernant l'arrêt du baclo, ce n'est pas d’actualité pour le moment, mais je ne vise pas une consommation maîtrisé aujourd'hui. Si cela m'aide dans l'abstinence, tant mieux, mais je ne veux plus prendre le risque de "tester" ou tâtonner pour trouver le bon dosage, heure de prise ....
J'ai trop perdu en essayant de maîtriser, et dans ma situation actuelle, je ne peux pas me permettre de prendre le moindre risque, j'ai besoin de toute ma tête et de ma lucidité !
Les envies j'en auraient certainement (j'en ai déjà eu depuis ma sortie de cure), mais il est plus facile pour moi de pas prendre le premier verre, que de contrôler les suivants, même si le baclo pourrait m'aider sur ce point.

Enfin, je comprends ton point de vue sur les AA, car j'ai eu le même lors de mes premières réunions il y a 7 ans environ: comment peut-on se déclarer "abstinent heureux" (parfois depuis 5, 10 ou 30 ans) et continuer à avoir besoin de venir toute les semaines en réunion ? J'ai trouvé plein de réponse, mais quelqu'un en a rajouté une la semaine dernière: pour ne pas oublier d'où je viens ...
Et oui, l'abstinence n'empêche d'avoir des tracs comme tout le monde et de passer de mauvaises semaines ;)

Bonne soirée
 
Avatar de talis
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  Lien vers ce message 11 Aout 2019, 11:20
Bonsoir Yann,


J'essaye ou j'évite de relier ma "guérison" au sort de mon couple, car cela pourrait m'amener à de grandes déceptions .... mais c'est plus facile à dire qu'à faire.
J'ai conscience qu'il me reste un paquet d'épreuve à affronter (la recherche d'appart, la visite des enfants, la séparation de nos biens ...) et que le risque est grand que je retrouve dans l'alcool un ami démoniaque.


tu te mets une énorme pression, très très légitime, mais c'est du costaud.

je dis simplement ça, parce que l'on nous a rabâché en cure que la rechute fait partie du processus de guérison (!). je trouve totalement incroyable que l'on puisse nous balancer ça mais bon, c'est ainsi. à chaque fois, que j'ai un rdv et que je démarre par "tjs pas consommé", je rajoute "j'ai toujours le droit à mon joker, alors ?" car l'impression que reboire est inéluctable...je ne le pense pas, et je ne parle pas du tout pour moi mais compte tenu des témoignages lus ici.
(tu parlais d'ailleurs d'autres échanges sur d'autres forums, ce sont lesquels ?)

perso, je m'étais mis en mode ultra égoïste quand j'ai démarré "tout ça"..pas de pensées pour les autres, pas d’états d'âmes, notamment lors de mes permissions : je faisais ce que j'avais envie de faire et uniquement ça, pas de compassion pour les problèmes des autres, rien, que mon problème, que ma maladie. une pause dans ma vie relationnelle, pour ne travailler que sur moi. oui, j'ai aussi changé et ça peut déplaire, peu m'importe, je dois sauver ma peau et je veux y parvenir.
Message édité 2 fois, dernière édition par talis, 11 Aout 2019, 11:28  

début 26/04/17 - 130 mg (maxi 290) / 07h : 40 - 12h : 40 - 16h : 50

AD et anxio
adhérent 2019
 
Avatar de lechat_92
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  Lien vers ce message 11 Aout 2019, 14:02
Bonjour talis,

C'est vrai que que c'est une grosse pression, mais en même temps je dois arrêter de boire (comme tu dis "sauver ma peau") pour moi (et mes enfants). Le reste, c'est du bonus ... enfin plus facile à dire qu'à accepter ... ;)

Effectivement, j'ai entendu la même chose en cure. D'ailleurs lors de ma première cure, la première question qu'on m'a posé à l'accueil était Etes-vous déjà venu dans notre établissement ?". Je me suis marré dans mon intérieur, parce que c'était la première fois que je n'avais surtout pas envie de revenir, j'étais sur de moi ..... et à peine 1 an plus tard, je revenais ....

Concernant les forums, je suis principalement sur 3: celui-ci, celui des AA et .... le forum divorce-séparation de psychologie.com :(

Complètement d'accord avec ton dernier paragraphe !

Bonne continuation
 
Avatar de Corinne D.
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  Lien vers ce message 14 Aout 2019, 22:47
c'est bien naturel comme on ne voudrait pas être l'alcoolo de l'autre
mais notre maladie remplit des fouilles à tour de bras !

on a la chance avec le baclofene de pouvoir dire stop !!


:fsb2_aplos


La guérison s'installe et se construit dans le temps.
 
Avatar de PascAlbéric
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  Lien vers ce message Aujourd'hui, 7:43
Alors, lechat, quelles sont tes nouvelles ?

Pour mettre plus de chances de réussite du traitement de ton côté, il est bon de faire partie d'une groupe qui te soutiendra et te donnera des conseils forts d'une longue expérience communautaire.

Et il n'y a pas photo pour ce forum !


Comment prendre le baclo ?
https://www.baclofene.com/index.php?p=download&nocount&id=9847
 
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