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Toujours pas d'indifférence ....

Avatar de Isabelle06
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  Lien vers ce message 05 Avril 2021, 21:39

Reprise du dernier message

Bravo Malex!!!! Hate de te lire!!
ūüėÄ


J’apporte tout mon soutient à l’association Baclofène!
Début du traitement le 09/10/20.
En cours de guérison, j’y crois!!!
 
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  Lien vers ce message 12 Avril 2021, 21:48
Un autre coucou furtif sur le fofo pour vous dire que "c'est pas mal du tout pour moi" ;-) : trois semaines écoulées en ne consommant maxi qu'1/2 ou 1 verre de vin par soir

Désolée de ne faire encore qu'un passage éclair, il me tarde à moi aussi de vous partager "mon histoire".
Promis, je reviens vous dire as soon as possible (= "dès que possible" pour les allergiques à l'English ^^)

C'est que je sens depuis quelque temps que je reprends bien du poil de la bête (merci mon AD ?)

Et, sortir la t√™te de l'eau me permet de retrouver √† la fois l'√©nergie et la motivation de continuer √† me "battre", me d√©fendre plut√īt et faire valoir mes droits dans mes d√©marches "administratives" √† travers la r√©daction de courriers tr√®√®√®√®s argument√©s. Et √ßa occupe √©norm√©ment mes journ√©es actuellement.
(cela concerne l'un de mes gros soucis depuis plus de 3 ans et qui m'a fait plonger dans une "moche d√©pression" ces derniers mois : d√©g√Ęt des eaux dans la maison que je loue pr√®s de 1000 ‚ā¨ par mois, maison d√©clar√©e insalubre par les autorit√©s, proprio sans √©tats d'√Ęme, bref ‚Ķ)

Je souhaite juste dire à celles et ceux qui continuent leur bacloroute (une pensée à Isabelle, mais à d'autres certainement) :
"KEEP FIGHTING avec le baclo !" ça vaut le coup ! :-)

A bient√īt de vous √©crire
Message √©dit√© 1 fois, derni√®re √©dition par Malex, 12 Avril 2021, 21:52  
 
Administrateur
Avatar de Sylvie
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  Lien vers ce message 13 Avril 2021, 1:40
Super !
Très heureuse de savoir que tu reprends du poil de la bête et que l'alcool s'éloigne :fsb2_yes: :fsb2_yes:


Merci mille fois à celui qui a eu la générosité de partager sa découverte avec nous ...

Il faut que nous soyons nombreux : Adhérez

A lire pour comprendre ce qu'est le baclofène.
Notre livre Baclofène la fin de notre addiction, les alcooliques ne sont plus anonymes ....
 
Avatar de Isabelle06
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  Lien vers ce message 17 Avril 2021, 17:16
wahouuuuuu tu as gagné!!!
bravoooooo!!!


J’apporte tout mon soutient à l’association Baclofène!
Début du traitement le 09/10/20.
En cours de guérison, j’y crois!!!
 
Avatar de Therena
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  Lien vers ce message 18 Avril 2021, 13:00
Bonjour Malex,

je suis ravie que tu aies trouvé l'indifférence.

:fsb2_aplos

Bises

Catherine


80 mg de baclofène : 30 mg à 11h, 10 mg à 14h, 10 à 16h30, 10 à 19h, 10 à 21h30 et 10 à 0h
Indifférente depuis février 2019 après 30 ans de BV
 
Avatar de Malex
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  Lien vers ce message 30 Mai 2021, 21:09
Coucou :fsb2_smile:

Ça fait un moment que je n'ai pas posté sur mon fil et je réalise clairement, après relecture de mon témoignage ci-dessous, que j'ai largement compensé mon absence :-)

Bienvenu sur mon fil et bonne lecture !



---
J'apporte ici mon témoignage, mon cheminement, qui décrit comment et pourquoi ma maladie a pu évoluer très favorablement puisque, aujourd'hui, je ne bois que l'équivalent d'un ou deux verres de vin par semaine.


Depuis mon nouveau protocole mis en place début février (très grosses prises de baclofène dès 8h00 pour cibler un premier craving, voire une consommation, dès la mi-journée), au fil des jours et des semaines, ma consommation s'était nettement déplacée vers la fin d'après-midi. Ma consommation avait surtout nettement baissé également.

Pour être honnête, cela s'explique surtout par le fait que je dormais beaucoup la journée (gros EI d'endormissement).
Donc, en toute logique, gros dodo diurne = début de consommation retardée = quantité d'alcool à la baisse.
Mais je pense que ce sommeil lié aux EI (sous un fond dépressif aussi, j'avoue) a été finalement, avec le recul, un grand mal pour un grand bien quant à ce qui allait suivre, comme une mise en repos de mon corps (et de mon cerveau aussi), une sorte de cure de désintoxe pour rebondir sur autre chose, comme un tremplin.

Cette baisse manifeste de ma consommation a eu un effet d'encouragement d'un point de vue psychologique : je réalisais tout simplement que ma bouteille pouvait ne plus être systématiquement vidée en un seul jour, mais en deux jours, puis, un peu plus tard, en trois jours même, et ainsi de suite. C'est ce tremplin-là qui a encouragé et déterminé la suite de mon parcours vers une baisse constante de ma consommation qui se poursuit et se maintient encore aujourd'hui.

Voici donc "mes petites trucs à moi". Ces petites astuces, très personnelles, que je livre ici, modestement et sans prétention, avaient pour objectif principal d'aider la molécule Baclofène à bien imprégner mon cerveau, car visiblement le mien semble être particulièrement récalcitrant (pour rappel : 350 mg/jour jusqu'en février - 270 mg aujourd'hui, depuis fin avril)

Voyant ma consommation baisser √† cause des EI, j'ai commenc√© √† noter l'initiale du jour de la semaine sur ma bouteille fraichement d√©bouchonn√©e de mani√®re √† simplement observer la dur√©e de vie de cette bouteille. Et, aussi na√Įf que cela puisse para√ģtre, cette petite lettre inscrite discr√®tement dans le coin, en haut √† droite, de l'√©tiquette de ma bouteille, ne me servait pas uniquement de jauge, de constat de la situation, mais elle allait aussi m'apporter un point d'appui concret et visible. Tel un prisonnier qui grave sur le mur de sa cellule le d√©compte des jours √©coul√©s avant sa lib√©ration, moi j'√©laborais aussi un syst√®me de comptage sur ma bouteille, repr√©sentation mat√©rielle de mon boulet de for√ßat √† moi.

Quelques bouteilles grav√©es d'une initiale plus tard, je me suis essay√©e √† relever le petit d√©fi - une gageure plut√īt - de voir si je pouvais faire mieux la fois suivante, c'est-√†-dire essayer de gagner un jour de plus sur ma bouteille entam√©e avant d'en d√©bouchonner une autre.

C'est ainsi que j'ai décidé que j'allais soumettre mon virus à moi (ma bouteille) à des horaires de sortie que j'aurai définies (= début de consommation) mais aussi à un couvre-feu à respecter (= fin de consommation) !
Au bout de plusieurs jours, une fois mon cerveau habitué à cet horaire d'autorisation de sortie, je décidai de décaler progressivement, pas à pas et à un rythme supportable, un nouvel horaire de sortie de ma bouteille, de quart d'heure en quart d'heure et par paliers de plusieurs jours entre chaque changement.
Surtout jamais aucune pression que je ne puisse accepter ou supporter, non, non non. Cela aurait eu tendance, au contraire, à un effet inverse.

Au début, quand je m'apercevais que j'étais en train de guetter l'heure et que ça me faisait mal (boule au ventre ou craving), je prenais un demi anxiolytique (Alprozolam 0,25) et du coup, je me détendais si bien que l'envie de boire passait plus longtemps que prévue même !
En toute honnêteté et comme déjà dit, je n'aime pas du tout ces petits bonbons-là … mais je suis passée par-là par nécessité. Cette béquille provisoire m'a été bénéfique. Je n'en prends plus du tout aujourd'hui.
Repousser progressivement mon passage à l'acte a eu une sacrée incidence sur mon coquin de cerveau : mon cerveau a une horloge dans la tête (!) et il avait imprimé le top départ tout comme le signal de la fin. Le cerveau se souvient de tout d'ailleurs - j'y reviendrai plus bas.
Quant au couvre-feu, l'heure à laquelle ma bouteille devait se confiner, aucun souci pour moi car depuis septembre 2020, je ne bois jamais après le repas du soir, pas au-delà de 20h30- 21h00 grand maximum. Chez moi, le couvre-feu de ma bouteille est ancré dans mon cerveau depuis suffisamment longtemps déjà pour qu'il se consolide naturellement.

Oui, petit à petit, ça marchait : à chaque fin de bouteille, je réussissais à grignoter un petit peu de temps (précieux) et à retarder la vitesse de descente du niveau du liquide délicieusement empoisonné qui se trouvait dans ma "jolie bouteille, sacrée bouteille" ***. Au début, pas grand chose, juste un jour de plus de la semaine puis, plus tard, un deuxième …
Me prenant au jeu, je commençais à devenir un adversaire de taille, à bien m'approprier les règles du jeu et pas mal dominer les parties suivantes même puisque la longévité de ma bouteille augmentait sensiblement au fil des semaines et des mois.

En fait, c'était juste une manière concrète de voir, dans mon parcours, "le fruit de mes efforts" comme on dit, mais "sans efforts insurmontables" justement désormais (et c'est ça qui est fort et encourageant…)
J'ai cessé ce petit truc lorsque ma bouteille durait plus de 10 jours. Aujourd'hui, une bouteille de vin moelleux dure plusieurs semaines.

Une autre astuce pour consommer moins, c'est que je me sers toujours par demi verre, voir moins même. une petite dose à la fois, un peu comme si c'était un bon vieux digestif, une eau de vie pure, et pas un simple vin à 11% d'alcool. Je n'utilise jamais de verres à vin, mais un verre à eau pas trop haut. Mes verres à pied sont confinés au placard, ce qui est significatif, au moins psychologiquement, pour mon cerveau.

Mais aussi, depuis longtemps, j'ai appris à ne plus "boire" de l'alcool, mais à le "siroter".
C'est une différence majeure puisqu'en buvant très lentement, le verre se vide forcément moins vite, je vais donc moins rapidement le remplir.
En fait, je sirote volontairement mon verre de vin comme si dans ce verre se trouvait un truc hyper puissant et hyper concentré que tout un chacun ne boirait que très lentement. Je sirote toujours également en faisant une chose qui captive mon attention et ma concentration et qui me fait plaisir surtout (moi, personnellement, j'ai déniché sur un site un jeu de lettres auquel j'accroche et j'y trouve un intérêt car je progresse bien)


Voilà, c'est la somme de ces petites astuces, de ces satisfactions qui en découlent, qui encouragent la réussite de mon traitement avec le Baclofène et me permettent, aujourd'hui et concrètement, de consolider une très faible consommation d'alcool.
Aujourd'hui la boisson que je bois le plus dans la journée, c'est de l'eau pétillante à laquelle j'ajoute parfois du citron (vous savez, la fameuse "Dame Pétillante" de D-Day, et bien c'est la même !)

L'alcoolisme est un très grand mot et on se sent tout petit pour vaincre ce colosse qui nous domine depuis des (dizaines d') années. Sa représentation matérielle, l'objet bouteille, devient, lui, un objet de combat bien davantage à ma portée, je peux me mesurer à cet adversaire-là, accessible. Petit à petit. Un pas après l'autre. Un jour après l'autre.

Oui, je me soigne de son alcoolisme en me mesurant consciemment à sa représentation matérielle, l'objet bouteille.
Car aussi, cela me permet de retirer définitivement un énorme poids de culpabilité que j'endossais seule auparavant lorsque je m'adonnais à une alcoolisation excessive. Désormais, toute cette culpabilité est reportée sur l'objet bouteille, plus sur moi. Cela m'allège et me rend un peu plus forte dans mes pensées et mes actions car libérée de ce poids-parasite.

A des moments o√Ļ il a pu √™tre difficile de contr√īler ma bouteille, je me rappelais cette id√©e aussi simple que cruciale : ma bouteille vient de l'ext√©rieur, elle fait partie des "visiteurs". Quant √† moi, je joue √† domicile, c'est donc moi qui fixe les r√®gles de mon jeu auquel elle est en position d'invit√©e seulement. Gr√Ęce √† cela, j'ai gagn√© confiance en moi au fur et √† mesure que ma consommation baissait.

Je me suis installée une espèce de ligne de conduite douce au fil des jours, avec des petites astuces (pas de dogme rigide) que je ne perçois pas comme des contraintes puisque c'est moi qui décide quand et comment, mais que je considère comme des éléments aidants, des adjuvants pour me soigner, et au service du Baclofène.
Finalement, ce que j'appelle "des petits astuces", ce sont ni plus ni moins des petites habitudes personnelles que je me suis appropriées et qui viennent renforcer mes défenses immunitaires contre mon virus, en bouleversant avec douceur et bienveillance même des mauvaises habitudes d'autrefois ancrées en moi depuis trop longtemps.
Cette citation de Marc Twain glanée un jour, par hasard, sur le fil "Pensées positives ou citations" du forum (merci Kor !), prend alors tout son sens : "On ne se débarrasse pas d'une habitude en la flaquant par la fenêtre ; il faut lui faire descendre l'escalier marche par marche".


J'ai appris des choses importantes durant mon parcours.

Chaque profil de malade alcoolod√©pendant est diff√©rent, selon ses habitudes d'alcoolisation bien s√Ľr (nature, quantit√©, fr√©quence, horaires, lieux, seul ou en soci√©t√©) et selon aussi son caract√®re, son environnement actuel, son histoire propre, son quotidien √† assumer, ses peurs, ses r√™ves, ‚Ķ Le "pourquoi je bois" est fondamental aussi.

Cela dit, à la lecture des témoignages de notre forum depuis des années, j'ai pu repérer deux grands profils distincts parmi les utilisateurs du baclofène.
On trouve, d'une part, les patients qui commencent leur traitement tout en continuant leur consommation d'alcool, atteignent leur dose seuil de baclofène relativement rapidement et facilement et ressentent tout aussi aisément la fameuse indifférence à l'alcool qui leur permet la délivrance de leur addiction.
Et puis, il y a les autres qui, eux, ont besoin de passer par une certaine abstinence physique totale et radicale et continuer de laisser le baclofène agir sur le craving.

En ce qui me concerne, je partage le mode de fonctionnement de plusieurs baclonautes ici : pour m'en sortir, je me dois de viser (au plus près de) l'abstinence.
Ces baclonaupotes-là (comme Gavroche, Kobobuser, Sablon, Athelstan ou Haddock) ont décrit dans leur expérience mon type de profil : "Si je m'autorise un peu d'alcool, je ne sais pas si je saurai gérer ce "un peu" tous les jours". En témoigne ma rechute il y a pile un an, en mai 2020 …

En réalité, je n'aime pas tellement ce terme d' "abstinence" car sa définition même signifie une "privation". Je préfère largement l'expression de non-consommation utilisée par Gavroche ;-)
Car, allez dire à un alcoolodépendant depuis des (dizaines d') années comme moi qu'il doit subitement se séparer d'un produit alors que ce produit qui, comme toute addiction, est l'essence même de ses actions, au sens propre (comme au figuré), c'est à dire son carburant pour faire fonctionner son moteur (corps et esprit) qui lui permettra d'agir au quotidien, d'avancer dans sa vie, de vivre sa vie comme les autres finalement.

Personnellement, je me connais et je ne suis pas capable de me plier √† une abstinence physique totale et radicale du jour au lendemain. C'est pourquoi j'ai plut√īt adopt√© une "abstinence psychologique", c'est-√†-dire une action partielle et progressive mais le d√©sir de m'abstenir de boire est tr√®s pr√©sent quand m√™me.
Mon traitement médical avec le baclofène s'est donc accompagné, pour moi, par une "non-consommation active", c'est-à-dire, "Je pense à ne plus boire", quelque chose de voulu et de conscient, mais tout en gardant ma bouteille chez moi.
Les astuces que je me suis √©labor√©es m'ont permis de ne pas culpabiliser quant √† mon incapacit√© √† √™tre enti√®rement abstinente du jour au lendemain. Ces petites astuces ont √©t√© de v√©ritables marches d'escalier qui m'aident √† y parvenir, √† parvenir au plus pr√®s du "z√©ro consommation" o√Ļ je me trouve actuellement.

Aujourd'hui, je peux dire que mon espèce d'abstinence programmée par étapes est devenue une "non-consommation passive", c'est-à-dire, "Je ne pense plus à boire", sans efforts insurmontables, naturellement. L'alcool ne prend plus une place importante dans mon quotidien aujourd'hui.


Aujourd'hui, tous les indicateurs de mon dernier bilan sanguin sont au vert. Je n'ai plus aucun craving la journ√©e. Peut-√™tre un tr√®s l√©ger craving entre 19h et 19h30 qui, soit passe tout seul en m'occupant (et c'est alors 0 conso ce jour-l√†), soit passe en prenant mon repas (donc 0 conso), soit ne passe pas et alors je me sers un demi verre de vin qu'il m'arrive de ne m√™me pas finir. Les jours o√Ļ je suis trop tendue par mes d√©marches administratives, il m'arrive de boire un verre en deux fois, jamais envie de plus.


Alors je vous entends déjà penser : "Bravo, Malex ! C'est formidable !" ou encore "Félicitations, Malex, tu peux être fière de toi !" Et oui, je suis bien contente ! :-)

Mais, aujourd'hui, pour autant, je ne me sens pas guérie.
La seule certitude que j'ai, √ī combien positive, c'est que ma tol√©rance √† l'alcool s'est largement invers√©e. Je sais qu'aujourd'hui, je ne suis plus alcoolo d√©pendante.

Mais ce dont je suis certaine pardessus tout, c'est qu'il me faut stabiliser cet état et le pérenniser.
Non, je ne crierai pas victoire comme l'an dernier, presque jour pour jour, alors que je n'avais pas touché à l'alcool pendant une dizaine de jours.

C'est curieux, je ne sais même pas si je suis "indifférente".
Je reste très prudente et je ne tenterai pas mon démon en dehors de ses heures de sortie, par exemple.
Ou encore je ne tenterai pas mon démon en revenant à mon alcool préféré, le vin rouge. (Ahhh ! Un bon Graves à l'apéro ou à table …)
Mon cerveau risquerait de me jouer des tours, je pense.

Donc, non, définitivement, aujourd'hui je ne me sens pas guérie pour autant.

Dans la période la plus sombre de ma maladie, entre fin 2013 et mi 2014, je commençais ma journée (non travaillée et sans mes enfants) non pas avec un café-clope, mais par un rhum-clope ou un whisky-clope …
Je connais la bienveillance de notre forum et je sais bien que je ne serais pas jugée sur cet épisode de ma vie. C'est surtout pour dire que je viens de loin. J'ai un passif très chargé.
Jusqu'en f√©vrier 2021, je c√©dais √† la bouteille de vin d√®s 15h30, voire bien plus t√īt parfois. Je consommais (souvent bien plus d') une bouteille par jour.

Lorsque j'ai commencé à entrer dans la spirale de l'alcool, je buvais d'abord par plaisir. Puis par stimulation aussi.
Ensuite, j'ai inévitablement augmenté au fur et à mesure ma dose pour ressentir ces effets de plaisir et de stimulation de la première fois, le fameux circuit de récompense. Le premier verre était plaisir, les suivants étaient stimulation.
Tout ceci, dans un contexte de vie avec ses hauts et ses bas, mais surtout avec une vie familiale et une autre professionnelle à assumer à la perfection tout en étant séparée, en s'appuyant sur ce soutien-poison et qui accentue du coup encore plus cette tolérance à l'alcool.

Le cerveau pardonne mais il n'oublie pas.
Notre cerveau se souvient de nous avec nos excès.
Il garde tout en mémoire, et à long terme. Pas de reset possible.

Je pense qu'un malade qui a connu l'alcoolisme a un un cerveau qui restera toujours avec une certaine faille - faille d'ailleurs que seul le Baclofène peut combler aujourd'hui. J'en suis consciente et je ne négocierai pas avec mon démon.
Aujourd'hui, je pense que mon cerveau est en cours de cicatrisation du mal, des habitudes, qu'il a d√Ľ endurer avec l'alcool et je pense que ma maladie est en phase de r√©mission.
Je ne parlerai de guérison que dans quelques années, et avec le même statu quo, lorsque mon cerveau deviendra, en quelque sorte, addict à la sobriété, comme le dit joliment Kobobuser ;-)


Actuellement je prends 270 mg de baclof√®ne par jour, r√©partis en 3 fois 90 mg √†14h00, 16h00 et18h00. (Bien s√Ľr, avant d'en arriver l√†, je suis pass√©e par d'autres √©tapes)
Je n'ai pas envie de baisser le Baclofène pour le moment. Je n'ai aucun EI.
Je continue donc ma descente de l'alcool avec une consommation naturellement sous contr√īle et limit√©e √† maximum deux verres par semaine et je vais bien !



A bient√īt !


PS en chanson ;-)

*** jolie bouteille, sacrée bouteille :

https://www.youtube.com/watch?...nnel=germain696
 
Avatar de Malex
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  Lien vers ce message 30 Mai 2021, 21:12
Je fais une version courte ici :-)

Surtout pour encourager celles et ceux qui cherchent encore actuellement une issue, une petite lumière, dans les méandres de leur alcoolisation.
Spécial bon courage à Isabelle, Grand Bonheur, Nicolas82 ! Accrochez-vous, ça va le faire !


Mes petits trucs qui ont marché (ces trucs peuvent servir de conseils modestes) :

- Croire à l'effet baclofène même si on a des effets indésirables. Après tout, ces EI montrent qu'on est réceptif à la molécule, d'une manière ou d'une autre ;
- Se trouver un tremplin comme point de départ à une baisse de sa consommation ;
- Le premier verre étant le plus déterminant, adopter un changement dans la consommation de ce premier verre ou alors retarder progressivement le début de consommation car le corps s'y habitue vraiment au fil du temps, se lancer un petit challenge du type "Chiche, aujourd'hui, je ne prends pas mon premier verre à 18h30, mais à 18h45." Du coup, s'occuper pendant cette demi heure ;
- Ne se servir que par demis verres de vin ;
- Le siroter autant que possible, pas par gorgées pleines mais presque du bout des lèvres, le faire durer naturellement ;
- Pourquoi pas troquer son alcool préféré par un autre apprécié modérément ?
- Mais aussi ‚Ķ lire le fil des autres baclonautes, nos "compagnons de route", car m√™me s'ils ne ressemblent pas au n√ītre, leur parcours nous en apprennent aussi sur nous-m√™mes.
 
Avatar de D-Day
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  Lien vers ce message 31 Mai 2021, 9:04
Bravo Malex,

superbe témoignage !!! Tu as agi en fin stratège pour mener à bien ce combat et tu le restitues de façon à la fois précise et de manière vivante. On te suit pas à pas.
Et vive Graeme Allwright
 
Avatar de Therena
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  Lien vers ce message 31 Mai 2021, 10:21
Bonjour Malex,

Il y a des personnes qui atteignent l'indiff√©rence du jour au lendemain et d'autres qui mettent en place une non consommation gr√Ęce √† diverses strat√©gies jour apr√®s jour.

Parfois le baclof√®ne ne fait pas tout et il faut l'aider en se fixant des objectifs, ce que tu as tr√®s bien s√Ľr mettre en Ňďuvre.

J'ai connu l'indifférence absolue ainsi que celle que l'on maintient par la non consommation de produits addictifs.
C'est une surveillance constante qu'il faut mettre en place ainsi qu'une grande vigilance.

Je ne me considère pas comme guérie mais simplement en rémission car l'addiction est toujours présente. C'est pourquoi je suis toujours restée à 80 mg, ma dose d'indifférence.
Quand le craving revient, je change ma répartition et je m'adapte.

Il y aura des p√©riodes o√Ļ tu seras plus fragile du fait des al√©as de la vie mais je suis certaine que tu sauras y faire face gr√Ęce √† toutes les strat√©gies que tu as mises en Ňďuvre.


J'ai aussi appris à ne jamais rester seule dans mon coin et à parler à une personne de confiance lorsque je me sens en danger.
C'est aussi pour cette raison que j'ai créé mon propre groupe Facebook pour aider les TCA qui m'apportent beaucoup en échange. Arrêter de se dévaloriser, prendre confiance en soi, rester vigilante, partager son expérience.

N'hésite donc pas à revenir vers nous pour échanger au besoin.
Ton exp√©rience est tr√®s int√©ressante. √Čvidemment, chaque exp√©rience est int√©ressante et sert d'exemple pour les nouveaux arrivants.
On compile les données, on adapte des stratégies et on avance jour après jour. C'est la clé de la réussite.

Merci beaucoup pour ton partage qui va être utile à beaucoup de personnes désireuses de se libérer de leur addiction.

Bises

Catherine


80 mg de baclofène : 30 mg à 11h, 10 mg à 14h, 10 à 16h30, 10 à 19h, 10 à 21h30 et 10 à 0h
Indifférente depuis février 2019 après 30 ans de BV
 
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Avatar de Sylvie
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  Lien vers ce message 01 Juin 2021, 0:22
Bonsoir Malex

Heureuse d'avoir de tes nouvelles

En effet, ton témoignage est riche et captivant !
Merci vraiment de nous en faire profiter
Tu as vraiment géré de main de maitre ton parcours ...


Merci mille fois à celui qui a eu la générosité de partager sa découverte avec nous ...

Il faut que nous soyons nombreux : Adhérez

A lire pour comprendre ce qu'est le baclofène.
Notre livre Baclofène la fin de notre addiction, les alcooliques ne sont plus anonymes ....
 
Avatar de Isabelle06
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  Lien vers ce message 01 Juin 2021, 13:33
Bravo et merci!!!


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Avatar de Malex
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  Lien vers ce message 17 Juin 2021, 14:34
Bonjour :-)

J'aurais juste deux petites questions techniques svp …

La première, comment ne citer qu'une partie d'un message ?

La seconde, comment changer le titre de mon fil ? ;-)

Merci d'avance.

Plus de nouvelles prochainement !

A bient√īt
 
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  Lien vers ce message 17 Juin 2021, 15:21
Hello Malex :-)

Pour ne citer qu une partie d'un message tu as à droite un logo phylactère (bulle deBD) quand tu clique dessus en bas de pages tu retrouves le message, et après tu sélectionnes la partie voulu et tu fait un copier coller...

Apres pour changer un titre de fil je ne sais pas... :fsb2_mad:

@+


Sans la dépendance, la fête est plus folle... #inspire-comPaRe...#NRJ...
 
Avatar de Lee Vair
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  Lien vers ce message 17 Juin 2021, 20:55
Coucou Malex, pour changer le titre de ton fil , tu vas sur ta premi√®re page, premier message. l√† tu cliques sur la deuxi√®me ic√īne en haut √† droite(editer) et tu peux modifier le titre de ton fil.
Toutes mes félicitations pour ton parcours et l'aide que tu apportes.
 
Avatar de Malex
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  Lien vers ce message 17 Juin 2021, 22:58
Merci Kor et Lee Vair ! :-)
 
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