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Mon histoire

Administrateur
Avatar de Sylvie
  • Messages : 33719
  • Inscrit : 07 Mars 2011
  Lien vers ce message 03 Janvier 2018, 22:10

Reprise du dernier message



Sylvie

J'ai lu que tu étais passée de la taille 48 à la taille 38! Wow! Etais tu boulimique?
As tu fait le récit de ton expérience? (je ne l'ai pas trouvé sur le forum). Je serais intéressée de le lire s'il est publié quelque part :fsb2_yes:

Non, je n'étais pas boulimique.
Il m'arrivait d'avoir quelques pulsions pour la bouffe, mais très peu souvent et pas des quantités énormes
Par contre dès que je mangeais plus que d'habitude (restau, vacances) je grossissais sans jamais arriver à perdre le poids que j'avais pris

Le baclo m'a coupé l'appétit, du coup j'ai perdu sans rien faire 25kgs et il a régulé les choses
Désormais même si je mange trop, ça se régule au fil des jours et j'arrive à garder un poids stable

Sinon, j'étais guéri avant de créer le forum, du coup je n'ai pas de fil
Mon histoire est très simple
J'ai commencé à boire à 16 ans comme tous les adolescents et je pense avoir très vite était dépendante.
Je le savais mais je n'avais pas vraiment envie de passer par les méthodes traditionnelles auxquelles je ne croyais pas
Et puis j'avais honte d'en parler à un médecin
Un jour mon conjoint a trouvé un article qui parlait du baclofène
Je me suis précipitée sur internet pour en savoir plus puis je suis allée chercher du lioresal en Espagne

J'ai augmenté très lentement la dose et je suis devenue indifférente un an plus tard à 120mg/j
C'était en 2010, le baclofène était décrié, j'ai créé le forum et l'association pour aider les autres ...

Ton message du 26/12 que je viens de lire est en effet très beau
C'est vraiment chouette ton histoire
Ne t'inquiète pas trop, je pense que tu es définitivement sortie d'affaire


Merci mille fois à celui qui a eu la générosité de partager sa découverte avec nous ...

Il faut que nous soyons nombreux : Adhérez

A lire pour comprendre ce qu'est le baclofène.
Notre livre Baclofène la fin de notre addiction, les alcooliques ne sont plus anonymes ....
 
Avatar de Karo
  • Age : 40 ans
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  • Inscrit : 08 Décembre 2016
  Lien vers ce message 05 Janvier 2018, 11:43
Ton post du 26/12 est vraiment très chouette!

Pour l'alcool, c'est la même angoisse: ça peut revenir même après une période d'indifférence.
Nous devons apprendre à gérer les émotions différemment, nous devons apprendre à mieux nous connaître (tout simplement).

Bravo pour ton parcours.


Adhérez! Pour que d'autres se libèrent de leur addiction et pour que vive l'association.

Si haut qu'il peut grimper un chemin qui monte n'est rien d'autre qu'un chemin qui descend en sens inverse, et réciproquement.Pierre Dac ; Les pensées (1972)
 
Avatar de Babounette
  • Messages : 104
  • Inscrit : 12 Aout 2017
  Lien vers ce message 25 Janvier 2018, 13:43
Merci Karo. Oui, tu as raison, alcool ou boulimie, le baclo nous apporte une aide salutaire mais le stress, les soucis personnels, le fait de s'ennuyer ou de trop travailler, les tensions inhérentes au quotidien, tout cela peut nous faire replonger. Je crois qu'ensuite, il nous faut trouver la bonne formule pour continuer notre chemin sans retomber. Dose résiduelle, changement du mode de vie etc Et cet apprentissage de nous mêmes Karo, finalement c'est aussi une sorte d'intelligence qu'on développe sur notre mode de fonctionnement, et les stratégies qu'on met en place en conséquence. Il n'existe pas de miracle, juste une molécule ultra efficace qui nous donne l'impulsion décisive!

Sylvie, merci pour ton récit. Effectivement, ton expérience de l'alcool est tristement banale: on boit très jeune et la dépendance s'installe insidieusement! La difficulté d'entrer dans un parcours de soin à cause de l'image si détestable attachée aux addicts, la honte qu'on a à en parler au médecin. Tous ne sont hélas pas forcément bienveillants. Et ceux qui le sont ne sont pas toujours de bon conseil.
Et le baclo dont tu entends parler et qui te sort d'affaire en un an, wow. Avec en plus la perte de poids ahurissante, en quelque 365 jours, tu es devenue une autre femme! Ou plutôt tu es redevenue toi même! :fsb2_yes:
En tout cas, tu vois, si tu n'avais pas créé ce forum, on serait bien nombreux à être encore dans la galère et dans la peine!
D'ailleurs le dr RDB me disait aussi qu'il n'arrivait pas à comprendre comment tant de docteurs s'obstinent à ne pas vouloir mettre leurs patients au baclo. On ne parle pas d'en faire la promo, bien sûr, ni de perdre ton esprit critique ou de vigilance, mais juste d'essayer au moins! Quitte à passer à autre chose si ça ne marche pas. Mais essayer!

En tout cas, je pense que tu as raison, je suis dans une très bonne voie, sans doute de guérison. Cela fait maintenant 5 mois que j'ai commencé, je ne fais PAS de régime, je me bouge bien plus (marche plutôt que bus ou métro quand c'est possible) et j'ai perdu presque 20 kilos, ai beaucoup plus de souffle et de résistance à la fatigue. :fsb2_yes:

Je sais exactement où j'en serais si je n'avais pas pris le baclo. D'abord, après ce très long épisode de crise boulimique (tout l'été!), le corps saturé de nourriture, épuisé aurait exigé une pause. Je me serai alors battue plusieurs jours pour entrer dans une phase de restriction. Au début c'est dur, je lutte, parfois je craque et je reprends mes efforts quelques jours plus tard. Puis la restriction s'installe, en clair, je suis au régime. Avec l'estomac qui se resserre, j'ai moins d'appétit, je m'habitue à manger peu, je n'ai presque plus faim, en tout cas, beaucoup moins. Si je prends un médoc coupe faim, ça m'aide d'autant plus. Et je maigris pas mal au début, mais de plus en plus difficilement. Cette tension s'ajoute au stress de la vie quotidienne, le boulot en particulier, les épreuves qui approchent pour essayer de me titulariser. J'ai faim de plus en plus souvent. Faim ou envie, je ne sais plus, mais je pense tout le temps à ce que je pourrais manger. J'accumule les frustrations sans en avoir conscience. Il se passe 2, 3 mois. J'ai perdu 8 ou 9 kilos, surtout au début, là je mange très peu et perds très peu. Et un jour, il se passe quelque chose, une contrariété, une pensée négative de trop...et je craque. Mais vraiment. Soit je l'ai vue venir et je me dis "allez je vais faire une pause, manger pendant 2/3 jours gâteaux, choco, pizza, chocolat etc" et après ça repart. Mais bien entendu, je serai incapable de "repartir" et ça se transforme en crises de boulimie pendant des jours et des jours, à tout reprendre depuis le début.
Parfois, je ne vois rien venir et c'est la débandade de façon quasi compulsive. Pas à la suite d'un souci sérieux, non, quelque chose d'imperceptible s'est passé. Une info pas sympa que j'ai entendu, un mail du boss qui ravive mes craintes, rien de bien concret ou méchant, mais ça suffira à me faire craquer. Un peu comme un bateau qui tangue et qu'un souffle de vent fait chavirer. Ou un verre quasi plein qui déborde après la goutte de trop.
Ca c'est ce que je vis depuis de très nombreuses années. Après c'est le cycle infernal: crises de boulimie, prise de poids très importante et ultra rapide. Lassitude, épuisement due à la bouffe et au corps qui ne suit plus. Lutte pour entrer dans une phase de restriction. Nouveau départ et espoirs, chute etc

Bon, 5 mois à bien manger en faisant attention, en réduisant juste ce qu'il faut pour perdre doucement, en gardant la forme, je n'ai jamais connu. Et là donc je perds tout doucement tout en mangeant très bien. Je fais juste gaffe, pas de pâtisseries, sauf si j'en ai vraiment envie, alors je me fais plaisir avec un éclair ou un flan et un petit thé à la menthe ou au caramel.
Chose que je n'ai jamais su faire. Quand la nutritionniste que j'avais vue m'avais dit "mais Mme, il ne faut pas vous frustrer! Mangez deux/trois carrés de chocolat par jour, comme cela vous ne serez pas frustrée et ça n'aura pas d'incidence sur votre poids". Je riais intérieurement parce que personnellement, la durée de vie d'une tablette de chocolat entrant chez moi n'excède pas quelques minutes. :fsb2_godgrace: Un peu comme le fauve à qui on donnerait un bout de viande, avec le goût du sang, il se jettera sur sa proie!
L'idée de faire manger à une boulimique frustrée par un régime deux/trois carrés de chocolat, c'est vraiment passer à côté de sa problématique.
De même, cette dame comme d'autres spécialistes que j'ai vus, se disait contre les régimes et parlait de rééquilibrage. Mais les menus qu'elle me proposait pour moi c'était un régime. Le repas type à base de viande maigre et légume avec un fruit et un yaourt, pain à midi, pas le soir, pour moi c'est un régime. Personnellement, j'ai besoin de glucides à TOUS les repas pour être calée. Et je mange du couscous, du riz avec du poulet façon indienne, des spaghettis bolognaises. Après évidemment, ça ne déborde pas de graisse et les quantités sont raisonnables. Mais c'est la nourriture "normale", du quotidien.
Et les règles établies sur la nécessité de bien manger le matin, de manger léger le soir, chez moi ça ne fait qu'empirer les choses.
En fait, AVANT de penser "rééquilibrage" , il fallait éteindre la lumière dans mon cerveau qui réclamait toujours plus de bouffe, jusqu'à la nausée, la saturation, sans se soucier de la faim ou de mes besoins physiologiques. Et ça c'est le boulot du baclo. Après, à moi de faire le reste.

Et je pense, comme toi Sylvie, que la gourmandise me fera refaire des excès. C'est ma personnalité qui le veut, j'aime manger, je suis une bonne vivante, prompte aux excès. Mais après, je ferai comme le font tous les gens gourmands, des excès de temps en temps, suivi d'apports plus faibles pour rééquilibrer le tout. :fsb2_yes:


Suivie par le dr RDB. Début du traitement le 20 août 2017. Actuellement à 50mg par jour en une seule prise à 16h. Je reste à 50 mg quelques mois en espérant terrasser la boulimie!
 
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