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abstinence plutôt que le baclofène

Avatar de KatBac
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  Lien vers ce message 06 Juin 2018, 20:21
Bonsoir,

J'aimerais apporter un peu de nuance à vos témoignages - quoique je ne me positionne PAS CONTRE le baclofène.

Voici ce que je lis : il ne faut pas supprimer le baclofène sinon "je ne pourrais pas m'en sortir". Si tu pourras, je l'ai fait, il n'y a pas de raison que tu n'y arrive pas. Ce n'est pas une question de volonté, c'est une façon d'envisager la guérison. J'espère que mon histoire en inspirera plus d'un qui se demande si un jour, il pourra se passer de médicament.

J'ai été sous baclofène pendant 5 ans, de 2010 à 2015. Je sais que ma dose pour atteindre l'indifférence au produit était à 3x6 médicaments par jour (matin, midi et soir), car il m'est arrivé de la ressentir. Cependant, malgré une augmentation progressive, les effets indésirables m'ont empêchée de prendre ma dose du midi car l'après-midi je m'endormais. Ce médicament m'a fait peur car il m'est arrivé une fois lors de l'augmentation d'une seule pilule comme des crépitements dans ma boîte crânienne, comme si elle était remplie d'eau pétillante. C'était vraiment flippant.

De plus, un effet indésirable au long cours que j'ai pu remarquer et qui n'est pas spécialement notifié : j'accumulais les tendinites. Encore une fois lors d'une augmentation d'une seule pilule dans la journée je me suis retrouvée avec les tendons de toutes les articulations du corps enflammées.

Depuis, j'ai arrêté, car je n'arrivais de toute façon pas à atteindre la dose de l'indifférence, tout en accumulant les effets secondaires handicapants.

Surtout, depuis je m'en suis sortie, autrement, après 15 ans de consommations plus qu'abusives. J'ai pris le temps pour ma rémission : comme me disait un médecin, "il est parfois nécessaire de mettre entre parenthèses sa vie professionnelle pour se remettre. Vous êtes une malade en rémission. Votre seul objectif est et doit être : l'abstinence".

Car oui, quand on m'a prescrit le baclofène, il m'a été dit par mon médecin prescripteur que le but n'était plus l'abstinence comme à la vieille école, que j'atteindrai l'indifférence et que au pire au cours d'une prise, je pourrais m'arrêter, ne pas finir la bouteille et ne pas recommencer irrépressiblement le lendemain.

J'ai pris du baclofène pendant 5 ans et je considère aujourd'hui que j'ai perdu 5 ans sur la voie de la guérison. C'est schématique, car j'ai sûrement appris beaucoup de choses sur moi et mon comportement pendant ce temps-là qui me permet d'en être là où j'en suis aujourd'hui - abstinente. Mais surtout j'ai appris qu'en ce qui me concerne, c'était un leurre que de croire que je pouvais remplacer un produit par un médicament. Car mon médicament, je le porte en moi, j'avais juste besoin de réapprendre à vivre. J'ai demandé un suivi intensif, j'étais en couple mais je suis allée vivre dans un 17m2 en appartement thérapeutique, avec des visites à domicile et des entretiens hebdomadaires avec des éducateurs ; j'ai fréquenté un hôpital de jour qui m'a proposé des ateliers qui m'ont nourrie, qui m'ont réappris à vivre et à prendre du plaisir dans ma vie ; j'étais encore consommatrice, avec tout ce bagage on m'a proposé une cure de 4 semaines, que j'ai considérées comme un "stage intensif de psychologie" : aller remuer la merde que j'avais balayée sous le tapis mais dans un endroit protégé, qui ne me permettait pas de "résoudre" mes angoisses par l'alcoolisation. J'ai appris à les résoudre autrement. J'ai continué à fréquenter cet hôpital de jour plusieurs fois par semaine, aujourd'hui j'ai repris un travail depuis peu, mais malgré mon CV long comme le bras j'ai fait preuve d'humilité et suis en contrat aidé, avec des gens qui connaissent ma problématique. Je continue un suivi même s'il est moins intensif, le but étant de faire un tuilage entre ma vie avec alcool et ma nouvelle vie sans alcool.

J'ai surtout appris qu'il fallait me donner le temps de la guérison : je suis malade et ai besoin d'un temps où je me consacre à me reconstruire, voire à me construire pour ceux qui ont connu l'alcool avant de se connaître. J'avance pas à pas, au début très petit, mais j'accepte ce fait. Je sais qu'il deviendra de plus en plus grand et surtout autonome au fur et à mesure de ma reconstruction.

J'accepte d'être malade, que je le serai toujours, qu'il ne faut plus que je touche une seule goûte d'alcool sinon je rechuterai. Je suis libre d'être la nouvelle personne que je suis car je me suis donné les moyens de le décider, de le construire, d'en prendre le temps.

Je ne suis pas esclave d'un médicament.
 
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  Lien vers ce message 06 Juin 2018, 20:30
Et d'ailleurs, il est probable que les personnes qui sont contre le baclofène, qui sont contre sa propagation, partent du même constat.

Des gens qui font une post-cure de plusieurs mois dans des établissements qui ont une prise en charge efficace : 30% des personnes deviendront abstinents. Si les proportions sont équivalentes avec le baclofène, mais avec des effets secondaires à cout terme contraignants, à moyen terme incertains, et à long terme carrément aléatoires.... pourquoi ne pas retourner à la bonne vieille méthode de l'abstinence, mais mettre en place des ateliers, comme j'ai pu les vivre, qui aident vraiment à l'atteindre et surtout la maintenir ? et sans palliatif ?

bah oui, à long terme c'est bénéfique pour tout le monde, intrinsèquement, pragmatiquement et financièrement parlant. Ne vous étonnez donc pas qu'il y ait des récalcitrants....
 
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Avatar de Sylvie
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  Lien vers ce message 06 Juin 2018, 21:17
Bonjour Katbac

J'ai déplacé ta discussion, car elle ne correspondait pas à l'objet du fil de JM
J'espère que tu ne m'en voudras pas

Le baclofène n'a pas marché pour toi, il ne marche pas pour tous
De plus avec un protocole matin, midi et soir, tu n'étais pas vraiment aidée ...
Dommage que tu ne sois pas venue nous demander de l'aide, l'histoire aurait peut être été différente

5 ans c'est très long, surtout avec des effets indésirables pénibles
Pourquoi n'as tu pas arrêté ce traitement avant ?
Peut être simplement n'étais tu pas prête à franchir le pas vers l'abstinence

Tu dis que tu es malade et que tu le seras toujours, mais que tu n'es pas esclave d'un médicament
Je me considère guérie et le fait de prendre encore un peu de baclofène ne me dérange pas, je prend aussi un hypotenseur tous les jours

Qu'on puisque être contre le baclofène parce que ce traitement n'oblige pas à l'abstinence, ça me choque
Perso, je ne suis pas contre l'abstinence pour que que ce soit le choix du patient
Comment peut on être contre une méthode qui marche pour certains ?
Il me semble que l'essentiel est de s'en sortir, quelque soit la méthode

Concernant les chiffres, le pourcentage de réussite à 4 ans (source Inserm) est de 10 à 15%
Celui du baclofène à 3 ans de 60% (cohorte de patients de Renaud de Beaurepaire)
Ce n'est pas tout à fait la m^me chose

Quant aux effets secondaires, ils peuvent être très contraignants à court et moyen terme et disparaissent à long terme
Pour une raison très simple, après avoir atteint l'indifférence, on diminue, voire arrête le baclofène

La bonne vieille méthode abstinence est surtout bénéfique financièrement parlant pour les centres de cure
N'en faire qu'une est rare, en enchainer 4,5,6 fréquent :fsb2_yes:
C'est d'ailleurs peut être pour ça qu'il y a des récalcitrants ...
Message édité 1 fois, dernière édition par Sylvie, 06 Juin 2018, 21:21  

Merci mille fois à celui qui a eu la générosité de partager sa découverte avec nous ...

Il faut que nous soyons nombreux : Adhérez

A lire pour comprendre ce qu'est le baclofène.
Notre livre Baclofène la fin de notre addiction, les alcooliques ne sont plus anonymes ....
 
Hors ligne BB Féminin
Avatar de BB
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  Lien vers ce message 06 Juin 2018, 21:33

Bonsoir KatBac,

Ton témoignage est très intéressant et bravo pour ce parcours!
Je pense que ta démarche finalement doit convenir à certains, et à toi, et tant mieux.

Personnellement je n'aurais juste jamais imaginé l'abstinence. C'est tout.
Avec ou sans ateliers.

J'ai connu l'accompagnement psy, qui m'a beaucoup aidée personnellement
mais pas empêchée de boire. Ce n'était d'ailleurs pas le but, a priori.

Je suis débarrassée de ma dépendance par le baclofène mais souhaite te préciser que je ne suis pas sous traitement aujourd'hui: celui-ci peut parfois être arrêté, si tout va bien, et c'est mon cas.
Il ne s'agit donc pas forcément d'un traitement à long terme ou à vie, et ses effets restent efficaces.

De même il m'a fallu 4 mois pour m'en sortir. Je me demande donc si tes prescriptions étaient les bonnes, pour durant 5 ans te trouver sous baclofène, sans résultat...

Et enfin je ne m'interdis pas l'alcool, et c'est ce qui fait à mes yeux l'essentiel: ma personnalité qui tend tellement vers le contradictoire ne m'aurait encore une fois pas permis d'accepter l'interdit, de m'interdire l'alcool.

Il se trouve que je ne bois pas parce qu'il n'y a pas d'envie, mais je sais par exepérience que si l'envie ( je ne parle pas de craving mais d'envie ), si l'envie me vient il n'y a pas d'interdit. C'est toute la différence d'avec l'abstinence, et c'est mon choix.

Je crois que ce que je revendique avant tout repose sur MA liberté de me soigner,
et de rester en vie comme je l'entends.
Il ne me semble pas acceptable, comme d'autres, que l'on puisse me priver d'un médicament qui m'est bénéfique.

Maintenant tu es libre de faire d'autres choix, qui te conviennent davantage.


C'est tout.
Tu te soignes comme tu l'entends, et moi de même.

Bonne soirée!




- TOUT EST POSSIBLE -
Guérie à 340mg le 12/09/2013---19/07/14: 0 baclo...13/10/14 arrêt du tabac par hypnose.
Surpoids après guérison. Rechute début octobre / guérison à 120mg le 28 octobre 2017. Arrêt du tabac de nouveau le 12/02/ 2018.
 
Avatar de jm84
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  Lien vers ce message 07 Juin 2018, 8:20
Je suis admiratif et respectueux devant votre réaction constructive BB et Sylvie.

Oserais-je être moins nuancé dans ma réponse?

Oui!

Je me demande ce que tu fais là Katbac?

De 2 choses l'une: soit tu es en mission et sponsorisée par les centres de cure et autres anti baclo et en quel cas je ne lirai plus tes posts, soit tu fais partie des pleurnicheurs...

Pleurnicheur est un terme utilisé par Allen Carr dans un livre que je conseille à toute personne qui veut s'arrêter de fumer ou de découvrir le frère d'arme des lobbys de l'alcool.
Vivre dans le regret permanent de l'alcool, l'épée de Damoclès suspendue au dessus de ta tête en cas d’absorption d'un seul verre.

Si tu es dans cette dernière catégorie, tu as raison de rester ici. Le jour où tu rechuteras (bon je ne te le souhaite pas ok?), tu pourras à nouveau te soigner avec le baclo, muni des précieux conseils de Sylvie et de la communauté qui viendra te soutenir.

Il reste une ou deux autres possibilités d'échec au baclo bien sûr mais je n'ai envie de parler que de ces 2 catégories.


Indifférent depuis janvier 2014. 170 mg/j. En descente depuis mai 2018: 10 mg par mois . Adhérez, ce n'est vraiment pas cher, c'est facile à faire...et c'est important

https://www.baclofene.com/inde...=599244#p599244
 
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