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Alcool et Normes OMS de consommation: un mythe ?

Ces normes n'ont en fait jamais existé
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  Lien vers ce message 24 Aout 2018, 12:59
Bonjour

Je recherche la publication où l’on trouve les normes OMS de consommation recommandée (♂ 4ua/j — ♀ 2ua/j).


J’ai fait une recherche Google en Français/Anglais, et je trouve que dalle.



Or c’est en s’y référant que les promoteurs de Bacloville ont fixé leurs objectifs.



C’est d’ailleurs la norme retenue par l’association Baclofène (fin 2016) et préconisée aux nouveaux arrivants sur ce forum : Quelles sont les normes OMS?



Ce serait sympa de me donner la référence, j’aimerais connaître sur quoi se base l’OMS. Parce que ça me parait élevé.





D’avance, merci.
Message édité 1 fois, dernière édition par kazoo, 29 Aout 2018, 13:39  

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  Lien vers ce message 25 Aout 2018, 18:26
Cherchez plus, j’ai trouvé !


Dans un article publié sur le site de la FRA, Fondation pour la Recherche en Alcoologie (janvier 2017), consacré justement aux seuils de conso. Article intéressant, au demeurant.

Merci Google !


Attention,y’a des surprises, lol...


Bon, faut se lancer dans l’archéologie, mais ça va, je peux faire, j’ai l’habitude de verser le produit de mes fouilles dans des caisses...



* * *



En fait l’idée remonte à une publication de l’OMS, concernant la « santé mentale » au sens large, datée de 2000, cela ne nous rajeunit pas !

Goldberg D., Gask L., Jenkins R., Lewis B., Paton J., Sharp D., Tylee A. WHO guide to mental health in primary care. London : WHO Collaborating Centre for Research and Training for Mental Health 2000, 195 p.



Voici le commentaire qu’en fait l’auteur de l’article de la FRA :

Citation

Directives de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)


L’OMS, dans son Guide to Mental Health in Primary Care (Goldberg et al., 2000, 26), définit les recommandations selon trois niveaux de risque : « responsable », « dangereux » et « dommageable ».

Le niveau de risque « responsable » (ou « faible ») pour les hommes correspond à « 3 unités par jour, avec un maximum de 21 unités par semaine, réparties sur la semaine et incluant 2 jours sans alcool ». Le seuil de consommation pour les femmes est fixé à moins de 2 unités par jour et 14 unités par semaine. Dans ce guide, une unité est définie comme l’équivalent de 8 grammes d’éthanol. Le niveau de consommation « dangereux » est défini par un risque accru de problèmes (pression artérielle augmentée, infarctus ou cirrhose du foie). Ce niveau est de 3 à 7 unités par jour soit 21 à 49 unités par semaine pour les hommes et 2 à 5 unités par jour soit de 14 à 35 unités par semaine. À noter que de nombreuses publications internationales citent des sources OMS pour les seuils de consommation de 3 verres d’alcool par jour pour les hommes et 2 verres par jour pour les femmes.

De l’aveu même de l’OMS en la personne de Marie-Hélène Schreiber : « Il n’existe pas de recommandation de l’OMS sur les seuils de consommation d’alcool. L’OMS propose des procédures cliniques de dépistage sur la consommation nocive d’alcool [Babor et al., 2012,7] ». Il n’en reste pas moins que ces repères de consommation ont été utilisés dans des campagnes de communication à destination du grand public, par exemple en France à l’initiative de l’Inpes. Ils ont également fréquemment été utilisés dans de nombreux autres pays.



Voilà, voilà :
    – ça date d’il y a 20 ans... et c’est devenu obsolète sur le fond ;

    – ce n’était pas, à l’époque déjà, des recommandations de l’OMS, mais une proposition de quantification du risque ;

    – puis ça a été diffusé et répété en oubliant la source et son objectif et en le faisant passer pour « Recommandations portant tampon de l’OMS ».


À noter que chez nous en France, on n’a pas tenu compte du fait que les UA de l’OMS (8 g) étaient de 20 % inférieures aux nôtres et on a donc involontairement majoré de 25 % les seuils prétendument préconisés par l’OMS.


Précisément, ramené aux UA françaises (10 g), cela aurait dû donner à l’époque, selon l’OMS (8 g): ♂ 2,5 verres/j — ♀ 1,5 verre/j.

Et de fil en aiguille, on se retrouve avec un chiffre « faible risque », pour un ♂, de 4 verres — 40 g/j = 280 g/semaine (Bacloville), chiffre dont on se demande bien d’où il sort et qui en tout état de cause est de 67 % supérieur à la quantification du risque faible de l’OMS de 2000 (24 g/j) ! Excusez du peu !

____________________________________

    En résumé, ces fameuses normes OMS (qui n’en sont pas) définissaient (en 2000) une conso à risque faible comme :


      – ♂ Maximum : 2,5 verres/j (24 g) — 17,5 verres/sem. (168 g) ;

      – ♀ Maximum : 1,5 verre/j (16 g) — 11 verres/sem. (112 g) ;

      – deux jours/semaine sans consommation.

____________________________________



Je partage pleinement l’introduction de l’article de la FRA :


Citation (FRA)

Une compréhension des risques et des bénéfices potentiellement associés à la consommation d’alcool est un facteur important pour la prévention des dommages liés à l’usage nocif de l’alcool. Une information précise, basée sur une revue de la littérature scientifique, tant biomédicale que psychosociale, peut fournir à la population générale une base pour la prise de décision concernant sa propre consommation d’alcool.




Voilà qui devrait nous guider.

________

J'suis content de moi. J'aime bien quand je trouve réponse à une question qui me traîne dans la caboche...



* * *
Message édité 1 fois, dernière édition par kazoo, 25 Aout 2018, 18:40  

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Avatar de Athelstan
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  Lien vers ce message 25 Aout 2018, 21:14
Euh ça a été réduit à 10 verres par semaine https://www.bfmtv.com/societe/...ts-1157512.html


sous baclo depuis 2015 (première indifférence à 180) perdu puis retrouvé l'indifférence à 210 (07/18) descente entamée... à 180 aujourd'hui
 
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  Lien vers ce message 26 Aout 2018, 18:18
Selon Pierre Ducimetière, le président de ce fameux CSST de l'Ansm.
Ca ne m'étonne pas de lui


50 8h, 50 11h, 50 13h, 50 15h
Indifférence depuis le 3 aout 2017 à 237,5mg - aucun EI si ce n'est que quelques problèmes de mémoire court terme. EI étant survenu au début de la descente
 
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  Lien vers ce message 29 Aout 2018, 13:49
Euh ça a été réduit à 10 verres par semaine.


Bien entendu.



D’ailleurs, c’est ce que je dis en premier : c’est obsolète (2000).



L’étude la plus récente, et la plus robuste d’ailleurs, publiée en avril de cette année, montre qu’une consommation à faible risque se situe entre 1 et 100 grammes/semaines, moyenne dans l’étude : 1/2 verre par jour dans ce groupe (42g/semaine).

________________


Dès qu’on dépasse le seuil de 100 grammes, la mortalité augmente rapidement.
    Perte d’espérance de vie à 40 ans selon la consommation hebdomadaire (groupe référence : >0 – ≤100 g) :

    >100 – ≤200 g : 6 mois — Risque modéré

    >200 – ≤350 g : 1 à 2 ans [Bacloville : 280 g] — Risque élevé

    >350 g : 4 à 5 ans — Risque très élevé

_______________


Donc, cette pseudo conso à faible risque de 4 verres/jour préconisée par l’OMS est non seulement un fake mais surtout une sérieuse désinformation : dès qu’il s’approche des 3 v/j (210 g), un consommateur non alcoolique s’expose à un risque élevé.

Car, rappelons-le, ce type de norme ne s’applique pas à nous qui sommes alcooliques ou anciens alcooliques. Chez nous, en effet, un verre consommé sera toujours bien plus à risque que chez un non-alcoolique (notion de cumul au cours de l’existence : voir ce post, point 2).

Bref, il n’y a plus que sur ce forum qu’on trouve encore référence à cette pseudo-norme OMS. Je ne sais pourquoi.

* * *


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  Lien vers ce message 31 Aout 2018, 0:37

Dès qu’on dépasse le seuil de 100 grammes, la mortalité augmente rapidement.


Rien de nouveau, ou tu as mal cherché :
Je te laisse trouver l'étude, sur pubmed il me semble.
Ça date de 2013, et l'équipe de Hill est arrivée à 13g/jour (environ 9/10 verres par semaine donc) au delà duquel, le seuil est délétère.
Voici le lien video de la présentation publié par l'asso, sur sa chaine Utube lors du colloque RTU
https://www.youtube.com/watch?v=BjPkbc2D1FM
Il y a si je me souviens bien, également une petite explication sur ces 'normes oms'.

De toutes façons, les normes quand tu es patient, et donc malade, que tu te soignes au baclo, elles n'ont aucune importance.
Si tu en es à 15 bières par jour, si tu descend de 2, c'est une victoire, et ainsi de suite.
Casser les pieds direct avec un calcul aussi précis, ça va décourager plus qu'autre chose.

Si un gars après être être tombé au fond de la bouteille est heureux avec 1 verre ou 2 de vin quand il mange (ou pas), y'a vraiment aucune raison de l'emmerder avec ça. C'est ça la réduction des risques.
L'info est disponible, il faut la redire de temps en temps, mais pas en faire un fromage.
 
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  Lien vers ce message 31 Aout 2018, 9:43
Citation
Si un gars après être être tombé au fond de la bouteille est heureux avec 1 verre ou 2 de vin quand il mange (ou pas), y'a vraiment aucune raison de l'emmerder avec ça. C'est ça la réduction des risques.

C'est effectivement la phrase à retenir.

Qui vit toute sa vie sans risque?


50 8h, 50 11h, 50 13h, 50 15h
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  Lien vers ce message 31 Aout 2018, 18:40
Après avoir publié en avril l’étude sur laquelle je me base, le Lancet vient d’en publier une autre, encore plus drastique et qui a été bien plus médiatisée, bien que je la trouve, statistiquement parlant, moins robuste : une conso de moins d’1 verre/jour entrainerait déjà de la surmortalité.


Il faut voir que l’étude d’avril plaçait le faible risque dans le groupe <= 100 g/semaine, mais que la moyenne constatée dans ce groupe était de 42 g/semaine (1/2 verre/j).


J’ai l’intuition que la toxicité de l’alcool dépend de 2 paramètres : le premier, fort étudié, a trait à la quantité consommée (par jour, par semaine), le second, peu étudié, à la fréquence de la consommation.


C’est la consommation régulière, fût-elle modeste, qui se montrerait déjà toxique. En fait, l’alcool ne devrait pas être un produit de consommation courante, mais d’un usage occasionnel. A mon avis, c'est dans ce sens-là qu'iront les recommendations à l'avenir: faible conso tant en quantité qu'en fréquence.



Citation (Veillant)
De toutes façons, les normes quand tu es patient, et donc malade, que tu te soignes au baclo, elles n’ont aucune importance



Pour être précis, toute préconisation normative de conso ne s’adresse qu’à la population non alcoolique. Pour nous, notre passé d’alcoolique rend tout verre consommé bien plus à risque que chez un non-alcoolique.


L’idée qu’avec le baclo on puisse redevenir un « consommateur normal », quant au risque, est un leurre.

* * *


Citation (Veillant)
Si un gars après être être tombé au fond de la bouteille est heureux avec 1 verre ou 2 de vin quand il mange (ou pas), y’a vraiment aucune raison de l’emmerder avec ça. C’est ça la réduction des risques.


C’est bien ce que j’écris ailleurs :

    « Après, chacun fait librement ses choix de vie : le degré d’exposition au risque, quel que soit le domaine, est affaire de choix personnel. Le tout est de pouvoir le faire en ayant à disposition une information aussi fiable que faire se peut, jusque dans ses incertitudes. »


Le « gars » dont vous parlez a incontestablement réduit fortement son risque, mais il demeure néanmoins exposé à un risque important. Sans même parler du risque de rechute insidieuse.

Le tout, c’est qu’il en soit correctement informé pour bien peser son choix de vie. Ce à quoi je contribue.


Le danger dont nous devons toujours nous méfier, nous autres alcooliques, ce sont les mécanismes de déni et de confusion (prendre ses rêves pour des réalités). J’ai longtemps vécu vautré au milieu de ces mécanismes !


* * *
Message édité 1 fois, dernière édition par kazoo, 31 Aout 2018, 18:41  

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Avatar de Sylvie
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  Lien vers ce message 31 Aout 2018, 21:02



L’idée qu’avec le baclo on puisse redevenir un « consommateur normal », quant au risque, est un leurre.


Bon Kazoo, stop à la provocation, tu nous emm...
Je bloque donc ce fil et bientôt ton compte

Tu iras exposer tes théories ailleurs, des forums sur l'alcool il y en a d'autres
Ici on veut juste guérir, consommer (ou pas) de façon raisonnable et bien moins qu'avant
les donneurs de leçons, qui, je le répète, n'ont même pas le courage de poster en donnant leur identité, non merci

La parole est libre pour qui ne se cache pas
Les autres, ceux qui prétendent être ce qu'ils ne sont probablement pas et viennent provoquer, dehors
Message édité 1 fois, dernière édition par Sylvie, 31 Aout 2018, 21:12  

Merci mille fois à celui qui a eu la générosité de partager sa découverte avec nous ...

Il faut que nous soyons nombreux : Adhérez

A lire pour comprendre ce qu'est le baclofène.
Notre livre Baclofène la fin de notre addiction, les alcooliques ne sont plus anonymes ....
 
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