Lien vers ce message 01 Avril 2011, 11:56
Je m’appelle Choco / Nicole.
Je suis présente sur ce forum, comme je l’étais sur l’ « autre », en tant qu’accompagnante.
Je suis la compagne de Gooffy / Alexandre.
Il a décidé de vivre en se libérant de l’Enfer de l’alcool, grâce au Baclofène.
Cette alcoolisation excessive dont il a souffert pendant pas moins de 35 ans, je l’ai partagée avec lui depuis notre rencontre il y a 11 ans. Nos saouleries mémorables nous ont permis de vivre de grands moments de franche rigolade, mais aussi de grand désespoir par la toile qu’elles tissaient inlassablement autour de nous et les chaînes dont elles nous entravaient inexorablement. Plus saouls que saouls, nous n’avions peur de rien et allions de surenchère en surenchère. Mais comment ne pas se noyer dans cet océan de néant ?
Et puis est tombé l’annonce de ma maladie en janvier 2009 : cancer du côlon stade IV, ablation urgente de la tumeur en février, mais métastases envahissantes au niveau du foie, le rendant inopérable. Diagnostic vital engagé, fini la franche rigolade ! Bascule immédiate dans une autre dimension. Pas de lamentations pour autant, faut accepter, continuer à vivre et à sourire, pas que pour soi, pour les autres avant tout.
L’alcool ne s’est pas arrêté pour autant. Il a continué à nous accompagner. Tel un traître invisible il a essayé de nous séparer. Il y est presque arrivé. Mais voilà, nous nous aimons plus que tout, telles deux âmes sœurs qui communient sans le dire dans la même douleur masquée par la pudeur.
En novembre dernier, je ne sais pourquoi, j’ai d’un seul coup été dégoutée de l’alcool et ai arrêté net ma consommation*.
Après deux années de chimio et stabilisation de mon état pendant ces deux années, j’ai appris voilà une semaine qu’un nouveau foyer métastasique hépatique agressif se développe de nouveau, sans parler de nodules apparus aux poumons.
Faut à nouveau encaisser la nouvelle et tout recommencer, à moins que tout ne soit en train de s’achever, là est la vrai question. Mais peu importe, j’ai décidé de ne pas chercher la réponse et, une fois les choses assimilées, je continue à sourire à la vie et à m’y accrocher.
Gooffy donne le change, mais il souffre, d’où les excès répétés de ces derniers jours. Mais je ne suis pas vraiment inquiète parce que je sais qu’il a toujours en lui cette volonté farouche de s’en sortir, et de m’offrir sa guérison comme preuve supplémentaire de courage et d’amour.
Le Baclo est là pour l’aider à surmonter cette passe difficile. Je sais qu’il peut aussi compter sur votre soutien et vos conseils et vous en remercie.
Et puis je suis moi-même toujours là, bien à ses côtés pour le rassurer, le soutenir et l’encourager. Mais ce n’est pas la même chose quand c’est moi qui le conseille. Il m’écoute quand il veut et a plutôt tendance à faire le contraire.
Bref, pour en finir, c’est à tout cela qu’il pense quand il parle d’ « urgence à guérir ».
Enfin, le but de ce message n’est pas de parler de moi, mais plutôt de délivrer mon compagnon du poids qui l’étouffe en ce moment, et dont il n’ose parler ouvertement, ne s’y croyant pas autorisé par mon silence.
A vous tous qui avez aussi votre lot de souffrance à supporter, je vous souhaite de trouver très vite la voie de la délivrance et de la sérénité.
Bien à vous,
Choco

*Gooffy est persuadé qu’ils me perfusent du Baclo à l’hôpital.


Merci mille fois à celui qui a eu la générosité de partager sa découverte avec nous ...

Il faut que nous soyons nombreux : Adhérez

A lire pour comprendre ce qu'est le baclofène.
Notre livre Baclofène la fin de notre addiction, les alcooliques ne sont plus anonymes ....